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Oualata, joyau mauritanien menacé par l’oubli et les sables
Perle architecturale du désert, cette cité médiévale lutte pour préserver ses trésors historiques et ses manuscrits millénaires.
Au cœur des étendues arides de la Mauritanie, Oualata se dresse comme un témoin silencieux d’un passé glorieux. Fondée entre le XIe et le XIIe siècle, cette ville classée parmi les quatre ksour historiques du pays rayonnait autrefois comme un centre intellectuel et religieux majeur. Aujourd’hui, ses murs ocre, façonnés en banco, résistent tant bien que mal aux assauts du temps et du climat.
Les pluies diluviennes de ces dernières années ont accéléré la dégradation des habitations traditionnelles, laissant derrière elles des amas de pierres et des façades éventrées. Khady, une habitante, montre avec amertume la maison familiale réduite à l’état de ruine. Comme elle, de nombreux résidents ont quitté les lieux, poussés par la recherche de meilleures conditions de vie. La population locale, autrefois florissante, ne compte plus que 2 000 âmes, incluant les alentours.
L’ensablement constitue une autre menace majeure. Le désert grignote inexorablement la ville, engloutissant peu à peu son patrimoine. Les efforts de reboisement entrepris dans les années 90 peinent à contenir l’avancée des dunes. La mosquée médiévale, jadis ensevelie sous le sable au point que les fidèles priaient sur son toit, symbolise ce combat perpétuel contre les éléments.
Pourtant, Oualata conserve des trésors inestimables. Ses portes sculptées dans l’acacia, ornées de motifs géométriques, et ses milliers de manuscrits anciens témoignent de sa richesse culturelle. Mohamed Ben Baty, imam et gardien d’une bibliothèque familiale, feuillette avec précaution un parchemin vieux de trois siècles. Ces écrits, transmis de génération en génération, couvrent des domaines aussi variés que la théologie, l’astronomie ou la linguistique. Mais leur préservation relève souvent du défi : infiltrations d’eau, toitures effondrées et manque de moyens menacent ces précieux héritages.
Malgré quelques initiatives de restauration et un festival annuel destiné à attirer l’attention sur ces cités oubliées, Oualata peine à retrouver sa splendeur d’antan. L’isolement géographique et les risques sécuritaires dissuadent les visiteurs, privant la région de ressources vitales. Pourtant, à la tombée du jour, lorsque les enfants investissent les ruelles et que la fraîcheur nocturne apaise la fournaise diurne, la ville semble respirer à nouveau. Un fragile sursis pour ce joyau du désert, suspendu entre mémoire et incertitude.
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