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Où mène la quête de la maison Pelicot à Mazan


Un an après le procès en appel des viols commis dans cette commune du Vaucluse, les habitants tentent de retrouver une sérénité compromise par l’attraction morbide des visiteurs.
La question résonne comme un refrain lancinant dans les rues de Mazan. « Où se trouve la maison des Pelicot ? » Cette interrogation, répétée par des curieux, rappelle inlassablement aux six mille habitants que leur paisible bourgade provençale reste associée à une affaire judiciaire dont le retentissement dépasse largement ses frontières. Le procès en appel, qui s’ouvre à Nîmes, replace une nouvelle fois la localité sous les feux des projecteurs, ravivant un malaise profond.
Les élus municipaux peinent à gérer cette notoriété subie. Un projet de plaque commémorative en hommage à Gisèle Pelicot, devenue figure internationale du combat féministe, n’a jamais abouti, faute de consensus sur son emplacement et par crainte de perpétuer un souvenir douloureux. L’adjoint au maire reconnaît qu’aucune volonté collective ne se dégage pour matérialiser le souvenir des événements survenus dans ce pavillon où une femme fut droguée et violentée pendant dix ans.
Un phénomène de « tourisme de curiosité » s’est développé, au grand dam des résidents. Le maire a publiquement appelé les médias à cesser d’assimiler Mazan à cette seule affaire, refusant désormais toute interview. Ses précédentes déclarations, jugées maladroites, avaient suscité l’embarras jusqu’au sein du conseil municipal, où l’opposition s’était distanciée. Certains habitants préfèrent aujourd’hui indiquer qu’ils viennent de Carpentras, ville voisine, pour éviter les questions et les jugements.
Pourtant, derrière cette affaire, Mazan demeure un village aux richesses patrimoniales authentiques. Un historien local souligne les attraits méconnus de la commune, comme le château de la famille de Sade ou l’église Saint-Nazaire-et-Saint-Celse, joyaux qu’il aimerait voir valorisés. Non loin du centre équestre Lucky Horse, un cœur en bois arbore une inscription évocatrice, « Amour, Empathie », symbole d’une volonté de montrer une autre image, plus humaniste.
Le fondateur de cette ferme pédagogique, psychothérapeute de profession, accompagne depuis plus de dix ans des femmes victimes de violences conjugales grâce à une méthode associant équitation et reconstruction personnelle. C’est ici qu’une marche blanche avait rassemblé cinq cents personnes en soutien à Gisèle Pelicot lors du premier procès. La concernée s’y est rendue par la suite pour rencontrer d’autres femmes confrontées à des violences, avant de faire un don substantiel permettant de pérenniser ces actions.
Pour certaines participantes, ce lieu représente un havre de paix. Une auxiliaire de vie, ayant elle-même subi des violences, confie y avoir retrouvé écoute et apaisement. Elle décrit cet endroit comme un « petit paradis » où chacune peut entamer un processus de résilience, loin des regards indiscrets et des préjugés.





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