Économie
Novasco sauvé in extremis, plus de 500 postes sacrifiés
Le tribunal de Strasbourg a entériné la reprise partielle du sidérurgiste français, préservant uniquement le site de Leffrinckoucke. La décision provoque colère et amertume parmi les salariés des autres établissements condamnés.
La justice a validé ce lundi le plan de cession partielle du groupe métallurgique Novasco, scellant le destin de trois de ses quatre sites industriels. Seule l’usine de Leffrinckoucke, dans le Nord, sera reprise par le consortium mené par l’entreprise ardennaise Métal Blanc, permettant le maintien de 145 emplois sur les 696 que comptait l’ensemble du groupe. Les établissements de Saint-Étienne, Custines et Hagondange, ce dernier représentant à lui seul 434 salariés, seront quant à eux liquidés.
Cette décision intervient après des mois d’incertitude pour les équipes, qui avaient manifesté à plusieurs reprises leur inquiétude quant à l’avenir du sidérurgiste. Dès l’annonce du verdict, des tensions sont apparues sur le site mosellan d’Hagondange, où des employés ont symboliquement descendu et brûlé le drapeau de l’entreprise. Un ouvrier du laminoir a confié son amertume, évoquant la fin d’un espoir collectif et la mort industrielle du site.
Le consortium repreneur s’est félicité de cette issue, soulignant qu’elle « ouvre une nouvelle étape pour l’entreprise et assure la poursuite de son activité dans la durée ». L’alternative proposée par le groupe Europlasma, qui envisageait de reprendre l’ensemble des sites mais avec des suppressions d’emplois massives à Hagondange, a été écartée en raison de « faiblesses » dans son dossier.
Parallèlement, le gouvernement a annoncé son intention de poursuivre en justice le fonds d’investissement britannique Greybull, précédent propriétaire de Novasco, accusé de ne pas avoir honoré ses engagements financiers. Le ministre délégué à l’Industrie a précisé que seulement 1,5 million d’euros sur les 90 millions promis avaient effectivement été injectés, alors que l’État avait respecté sa propre participation à hauteur de 85 millions.
Cette annonce n’a toutefois pas suffi à apaiser le climat social. Certains salariés jugent ces démarches juridiques tardives et sans effet immédiat sur leur situation. Ils se mobilisent désormais pour obtenir des conditions de départ avantageuses, dans un contexte régional déjà marqué par la désindustrialisation.
Les syndicats dénoncent par ailleurs un « non-sens écologique et stratégique », rappelant la difficulté de décarboner la production sidérurgique. Ce dossier s’inscrit dans une conjoncture européenne difficile pour la filière, confrontée à la concurrence internationale, au coût de l’énergie et aux mutations du secteur automobile.
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