Économie
Mobilisation sociale chez Ubisoft face à une réorganisation contestée
Le géant français du jeu vidéo est confronté à un mouvement de grève de trois jours. Les salariés dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail et un nouveau plan d’économies.
Plusieurs dizaines d’employés se sont rassemblés ce mardi devant les locaux d’Ubisoft à Saint-Mandé, en région parisienne, pour entamer un mouvement social de trois jours. Cette mobilisation, également observée dans d’autres studios en France et à Milan, exprime un profond malaise au sein de la société. Les griefs portent principalement sur la remise en cause du télétravail et sur un nouveau plan de réduction des coûts annoncé récemment.
Les salariés présents décrivent un climat d’anxiété persistant, alimenté par une série de restructurations et de fermetures de studios à l’étranger ces dernières années. Pour eux, la décision de la direction de généraliser le travail en présentiel à cinq jours par semaine, assortie d’un quota annuel de télétravail, constitue un recul significatif. Certains y voient une mesure susceptible de compliquer la vie des équipes internationales et, pour les représentants syndicaux, une manière indirecte d’encourager des départs.
Cette tension sociale survient dans un contexte financier tendu pour l’éditeur. Après plusieurs années de résultats décevants, le groupe a dévoilé en janvier une réorganisation interne d’envergure. Celle-ci s’accompagne d’un effort d’économies de 200 millions d’euros sur deux ans et a déjà conduit à l’annulation de plusieurs projets de jeux. Un plan de départs volontaires concernant 200 postes au siège a également été annoncé, alimentant les craintes de nouvelles réductions d’effectifs.
Face à cette grogne, la direction affirme poursuivre un dialogue avec les équipes. Elle justifie ces changements, notamment la création de cinq « maisons de création » et la mutualisation de certaines fonctions, par la nécessité de regagner en compétitivité. L’entreprise se dit consciente des interrogations soulevées et promet de maintenir les échanges pour apaiser les inquiétudes. Le mouvement en cours montre cependant que la concrétisation de cette nouvelle organisation se heurte à une résistance notable d’une partie du personnel.
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