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Politique

Mineurs auteurs d’agressions sexuelles : un rapport exhorte l’État à briser le silence

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Un document officiel remis ce mardi au gouvernement alerte sur la nécessité d’une action préventive urgente face aux violences sexuelles commises par des adolescents, un phénomène encore trop souvent occulté.

Un rapport d’experts souligne l’impérieuse nécessité de reconnaître publiquement la réalité des mineurs auteurs de violences sexuelles et d’intervenir en amont sur les déterminants favorisant ces passages à l’acte. Le document, porté par des spécialistes de la protection de l’enfance et de la psychiatrie, sera officiellement remis ce mardi après-midi à la Haute commissaire à l’Enfance.

Près de 30 % des agressions sexuelles sur mineurs seraient perpétrées par des adolescents, soit environ 11 500 cas chaque année. Un chiffre qui invalide toute vision marginalisante du phénomène et appelle une réponse adaptée, tant sur le plan éducatif que thérapeutique. La présidence de la Fédération française des centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles insiste sur l’urgence de dépasser les représentations sociales qui empêchent de concevoir l’enfant comme un agresseur potentiel.

Le rapport avance une quarantaine de propositions, centrées notamment sur le renforcement des dispositifs de prévention. Les experts identifient plusieurs facteurs de risque, parmi lesquels des antécédents de violences subies, un environnement familial carencé ou une exposition précoce à des contenus pornographiques. Si ces éléments n’expliquent pas à eux seuls le passage à l’acte, ils en augmentent significativement la probabilité.

Une meilleure formation des professionnels, une information claire destinée aux parents et une sensibilisation plus large de la société au développement psychosexuel des jeunes font partie des pistes avancées. Par ailleurs, le texte préconise une évolution de la prise en charge judiciaire et thérapeutique des mineurs concernés, aujourd’hui jugée trop focalisée sur la sanction au détriment d’un accompagnement global. Une approche intégrant soin, éducation et justice constituerait, selon les rapporteurs, la seule stratégie capable de rompre durablement le cycle des violences.

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