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Mayo College, du palais des maharajas au laboratoire des futures élites indiennes

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_**Fondé il y a cent cinquante ans pour éduquer les princes, cet établissement historique incarne aujourd’hui la transformation d’une nation à travers la formation de sa jeunesse privilégiée.**_

Franchir les portes du Mayo College, à Ajmer, revient à parcourir un siècle et demi d’histoire indienne. Ce qui fut jadis le pensionnat réservé aux fils de maharajas accueille désormais les héritiers de l’élite économique et politique contemporaine. Le directeur actuel, Saurav Sinha, souligne la nécessité pour l’institution de conjuguer patrimoine et modernité, afin de préparer les élèves aux défis d’un monde en constante évolution.

L’établissement, créé en 1875 sous influence britannique pour sceller l’entente entre colonisateurs et souverains locaux, fut rapidement surnommé « l’Eton de l’Orient ». Aujourd’hui, sur les 850 élèves âgés de 9 à 18 ans, seuls quelques-uns descendent encore des familles princières. La majorité est issue de milieux dirigeants, ministres, chefs d’entreprise ou hauts gradés militaires. L’admission reste conditionnée à des frais de scolarité avoisinant les 10 000 euros par an, une somme considérable dans un pays où le revenu annuel moyen s’établit bien en deçà.

Les infrastructures rivalisent de prestige, avec un bâtiment principal en marbre identique à celui du Taj Mahal, un domaine de 76 hectares et des équipements sportifs comprenant un golf de neuf trous, une piscine olympique et des écuries. La journée des élèves, rythmée et stricte, commence à six heures du matin pour s’achever à vingt et une heures trente. Entre les cours dispensés en anglais, les activités artistiques et la pratique sportive obligatoire, l’emploi du temps ne laisse guère de place à l’oisiveté.

L’encadrement pédagogique a évolué pour privilégier l’épanouissement et l’autonomie. Des psychologues accompagnent les plus jeunes, souvent éprouvés par l’éloignement familial, tandis que l’équipe enseignante s’est féminisée. Rajesh Soni, directeur du primaire, insiste sur l’importance de créer un environnement favorable à l’exploration des talents et à la construction de la confiance en soi.

Les ambitions des élèves reflètent cette ouverture. Si certains, comme le jeune Arrin, rêvent de carrière sportive, la majorité se destine à de grandes universités en Inde ou à l’étranger, puis à la haute fonction publique ou aux affaires. Advaya Sidharth Bhatia, 17 ans, envisage même de fonder sa propre entreprise pour contribuer au développement de son pays. Preuve que derrière les murs de marbre, l’esprit d’excellence se mue désormais en une volonté d’engagement.

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