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Société

Marseille face à la mutation de son cœur urbain

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Le départ des Galeries Lafayette a propulsé la revitalisation du centre-ville au cœur des débats électoraux, cristallisant les défis commerciaux et sociaux de la cité phocéenne.

La fermeture des Galeries Lafayette à Marseille a révélé les fragilités économiques du centre-ville, transformant cette question en enjeu majeur des prochaines échéances municipales. L’enseigne historique a justifié sa décision par des pertes financières persistantes, mettant un terme à près d’un demi-siècle de présence et entraînant la suppression de 145 emplois. Ce retrait s’inscrit dans une tendance plus large affectant les commerces traditionnels de l’hypercentre.

Les pouvoirs publics tentent de minimiser l’impact de ces fermetures. L’adjointe au maire chargée du commerce avance un taux de vacance commerciale de 11,7% autour du Vieux-Port, tout en reconnaissant une vulnérabilité accrue due à plusieurs facteurs structurels. L’émergence de nouveaux centres commerciaux à la Joliette, conjuguée à l’expansion du commerce en ligne et aux politiques de piétonnisation, a modifié les habitudes de consommation et réduit la fréquentation du centre historique.

Le paysage commercial marseillais subit une transformation profonde. Sur la Canebière, les boutiques artisanales cèdent progressivement la place à des enseignes à bas prix, reflétant l’évolution du pouvoir d’achat local. La spécificité marseillaise réside dans la concentration de la précarité au cœur de la ville, où le taux de pauvreté dépasse 38%, contre 25% pour l’ensemble de l’agglomération.

Face à cette situation, les propositions politiques se multiplient. La majorité sortante met en avant son action préemptive sur les baux commerciaux pour réguler les activités, tandis que l’opposition de droite place la sécurité et la propreté comme conditions préalables à toute revitalisation. Le Rassemblement National insiste sur la nécessité de ramener des familles et des commerces dans le centre, condition selon eux au retour de la prospérité économique.

L’urbanisme commercial devient un champ de bataille institutionnel, où les compétences sont partagées entre la métropole et la région. Le projet d’équipement culturel annoncé par le maire sortant, en discussion avec l’Élysée, illustre les ambitions de requalification du site des Galeries Lafayette. Cependant, certains acteurs locaux dénoncent des approches trop technocratiques, estimant que les solutions proposées négligent les attentes réelles des habitants et manquent de concertation véritable.

Cette complexité des enjeux dépasse le seul cas marseillais, comme le soulignent les observateurs économiques. La nécessaire diversification de l’offre commerciale et l’adaptation aux nouvelles réalités urbaines représentent des défis communs à de nombreuses villes françaises confrontées à l’évolution de leurs centres-villes.

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