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Manifestations autochtones à la COP30, le dialogue en suspens

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Pour la deuxième fois cette semaine, des représentants des peuples premiers ont bloqué l’accès principal du sommet climatique amazonien, contraignant les organisateurs à des pourparlers directs afin de rétablir le cours des négociations.

Des membres du peuple Munduruku ont entravé pacifiquement vendredi l’entrée principale de la zone des négociations de la COP30, semant une perturbation notable dans le déroulement des travaux. Cette action intervient trois jours après une précédente intrusion de manifestants autochtones ayant mis en lumière des failles dans le dispositif de sécurité du sommet. Pendant près de deux heures, une cinquantaine de personnes, incluant des enfants et des nourrards, ont occupé l’accès réservé aux délégués, contraignant à sa fermeture temporaire.

Le président de la conférence, André Correa do Lago, a dû annuler plusieurs engagements pour se rendre sur les lieux de la manifestation. Le diplomate a longuement écouté les doléances des protestataires, allant jusqu’à prendre un bébé dans ses bras, avant d’accompagner le groupe vers des discussions officielles avec deux ministres brésiliennes. Ces échanges ont permis la reprise normale des activités, sous étroite surveillance des forces de l’ordre déployées en nombre.

Les manifestants réclament une accélération des procédures de démarcation de leurs territoires et s’opposent fermement à deux grands projets d’infrastructure, le Ferrogrão et l’exploration pétrolière près de l’embouchure de l’Amazone. « Notre combat pour la terre est un combat pour notre existence », pouvait-on lire sur une banderole, tandis que des leaders autochtones interpellaient directement le chef de l’État brésilien.

Si le gouvernement actuel peut se prévaloir de réalisations significatives en matière de protection environnementale et de droits autochtones, ces incidents successifs illustrent les attentes déçues quant à la concrétisation des engagements. La tension persiste entre la reconnaissance formelle des droits et leur application effective, dans un contexte où les projets de développement économique continuent de soulever de vives inquiétudes parmi les communautés locales.

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