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L’ultime face-à-face chilien entre ordre et continuité

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À la veille du second tour de la présidentielle, les deux finalistes, José Antonio Kast et Jeannette Jara, ont clos leur campagne sur des promesses radicalement opposées, cristallisant les fractures d’une société tiraillée entre la crainte de l’insécurité et l’attachement aux réformes sociales.

Le candidat du Parti républicain, José Antonio Kast, a tenu son dernier meeting jeudi soir à Temuco, en Araucanie. Devant plusieurs milliers de partisans, l’avocat de 59 ans a dénoncé ce qu’il a qualifié de chaos et d’insécurité générés par l’administration sortante. Il a promis de rétablir ce qu’il nomme l’ordre et la confiance, s’engageant sur un virage politique marqué. Cette région, théâtre de tensions sociales et abritant une importante communauté mapuche, constitue un bastion électoral pour le candidat d’extrême droite, crédité d’une avance dans les intentions de vote.

Son adversaire, Jeannette Jara, représentante d’une large coalition de gauche, a axé sa campagne sur la consolidation des politiques sociales mises en œuvre sous le mandat de Gabriel Boric. Lors d’un rassemblement à Puente Alto, en banlieue de Santiago, l’ancienne ministre du Travail a insisté sur la nécessité de renforcer les institutions pour lutter contre la criminalité, tout en garantissant la préservation des acquis récents, tels que la réduction du temps de travail hebdomadaire. Elle a également proposé une revalorisation significative du salaire minimum.

La campagne a été largement dominée par les questions sécuritaires et migratoires, devenues des préoccupations majeures pour l’électorat, bien que le Chili demeure l’un des pays les plus stables de la région. Le programme de José Antonio Kast inclut des mesures controversées, notamment l’expulsion des migrants en situation irrégulière, présentée comme un pilier de sa stratégie contre la délinquance. Une victoire de sa part marquerait l’arrivée au pouvoir de la figure la plus conservatrice depuis la fin du régime militaire.

L’issue du scrutin de dimanche dessinera la trajectoire du pays pour les prochaines années, opposant une vision fondée sur la restauration autoritaire de l’ordre public à un projet visant à approfondir les transformations sociales dans un cadre démocratique. Le résultat est attendu avec une particulière attention, tant au niveau national qu’international, en raison de son impact potentiel sur l’équilibre politique en Amérique latine.

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