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L’Otan cherche à prévenir de nouvelles tensions après l’épisode groenlandais

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_**L’Alliance atlantique déploie une nouvelle initiative en Arctique et pousse à un renforcement substantiel des capacités européennes, dans un contexte de pressions américaines persistantes pour un rééquilibrage des responsabilités.**_

Les pays européens de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord s’emploient activement à tourner la page des récentes frictions liées au Groenland. Leur priorité est désormais d’éviter l’émergence de nouveaux différends avec Washington, en accélérant le développement de leurs capacités militaires au sein de l’Alliance. Une étape concrète a été franchie avec l’annonce du lancement d’une mission dédiée à la sécurisation de la région arctique, nommée Arctic Sentry. Cette initiative est présentée comme une réponse aux inquiétudes exprimées par les États-Unis, dont les velléités passées à l’égard du territoire groenlandais avaient sérieusement ébranlé la cohésion atlantique.

Le secrétaire général de l’Otan a insisté sur la nécessité impérative de consolider ce qu’il nomme le pilier européen. Il affirme percevoir une évolution notable des mentalités parmi les alliés, qui reconnaissent désormais l’obligation non seulement d’accroître les budgets de défense, mais aussi de partager une vision stratégique commune avec les Américains. Cette dynamique s’inscrit dans le sillage de l’engagement pris l’an dernier par les membres de l’Alliance de porter leurs dépenses de sécurité à un niveau minimal de cinq pour cent de leur produit intérieur brut d’ici à 2035, un objectif encore lointain pour plusieurs nations européennes.

Les autorités américaines ne cessent de rappeler que le Vieux Continent doit se doter des moyens d’assurer sa propre défense conventionnelle. Leur message, réitéré lors des dernières discussions à Bruxelles, est clair. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter les budgets, mais de produire des résultats tangibles en matière de capacités opérationnelles. Washington appelle à un rééquilibrage des rôles et des charges au sein de l’Alliance, une demande formulée avec fermeté et constance.

Un premier signe de cette évolution, qualifiée d’« européanisation » dans les cercles diplomatiques, s’est manifesté par des décisions concernant la structure de commandement. Les Européens sont désormais appelés à prendre la direction des trois commandements opérationnels de l’Otan, y compris ceux du Sud et du Nord, jusqu’alors sous direction américaine. Cette redistribution des responsabilités est saluée comme une avancée positive, mais jugée insuffisante par de nombreux observateurs. La pression demeure forte sur les capitales européennes pour qu’elles traduisent leurs engagements financiers en capacités militaires effectives, sous peine de voir les États-Unis réduire leur implication.

Le ministre allemand de la Défense a résumé l’enjeu en affirmant que pour préserver son caractère transatlantique, l’Otan devait devenir plus européenne. Son pays a d’ailleurs promis de quasiment doubler ses dépenses militaires avant la fin de la décennie. Le prochain sommet de l’Alliance, prévu en juillet à Ankara, constituera un moment d’évaluation crucial. C’est à cette occasion que sera présenté le premier bilan complet des efforts de défense des alliés, un rapport attendu comme un véritable test de crédibilité pour la solidité future du pacte atlantique.

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