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L’onde Mamdani, ou comment un maire new-yorkais redessine les campagnes municipales françaises

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La victoire inattendue du jeune édile démocrate Zohran Mamdani à la tête de New York fait école. Des candidats de tous bords, à Paris et en région, s’inspirent désormais de sa méthode et de son esthétique, cherchant à capter la magie d’une campagne jugée exemplaire.

L’influence du maire de New York transcende les clivages politiques hexagonaux. Des personnalités aussi diverses que Sarah Knafo, Rachida Dati, Emmanuel Grégoire ou Sophia Chikirou, pourtant issues d’univers idéologiques opposés, puisent des idées dans le parcours du trentenaire américain. Son succès, obtenu après être parti de très loin dans les intentions de vote, fascine et offre un nouveau répertoire d’action.

L’appropriation la plus visible concerne l’esthétique de campagne. La tête de liste de Reconquête! a ainsi adopté des visuels aux couleurs pop et au style rétro, directement inspirés de la communication de Zohran Mamdani. À l’instar de l’édile new-yorkais, elle privilégie des messages positifs, délivrés avec le sourire dans des décors du quotidien comme le métro. Son équipe précise néanmoins qu’il ne s’agit pas d’un simple emprunt et que d’autres sources d’inspiration existent.

Cette tendance dépasse le seul cadre visuel. La candidate LR-MoDem, Rachida Dati, s’est elle aussi essayée aux vidéos incarnées, un format popularisé par le maire démocrate. L’une de ses séquences, la montrant aux côtés d’éboueurs, a été vue plusieurs millions de fois. Sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur TikTok, l’impact de ce style de communication est tangible, propulsé par les algorithmes qui en favorisent la diffusion. Les experts rappellent toutefois qu’un nombre élevé de vues ne se traduit pas mécaniquement par un bulletin dans l’urne.

Le phénomène, surnommé « Mamdanification » par certains observateurs, ne se limite pas à la capitale française. À Marseille, le candidat insoumis Sébastien Delogu voit dans l’exemple new-yorkais la preuve qu’une campagne centrée sur quelques mesures phares, ciblant les préoccupations les plus pressantes des citoyens, peut porter ses fruits. Jusqu’à Reims, le maire sortant Arnaud Robinet revendique une inspiration similaire, ayant opté pour une typographie vintage et colorée en phase, selon ses conseillers, avec « l’air du temps ».

Pour la gauche française, l’élection de Zohran Mamdani possède une résonance particulière. Elle est perçue comme la démonstration qu’une ligne politique claire, sans modération excessive, peut séduire l’électorat. Son programme axé sur la lutte contre la vie chère et les loyers prohibitifs trouve un écho manifeste dans les discours de plusieurs candidats. La représentante de La France insoumise, Sophia Chikirou, ambitionne ainsi de faire de Paris « la plus grande ville Insoumise du monde », sur le modèle de la métropole américaine.

Les spécialistes de la communication politique mettent cependant en garde contre une imitation trop littérale. La stratégie doit être adaptée à la personnalité, au charisme et au profil de chaque candidat. Tenter de reproduire à l’identique une mise en scène qui ne correspondrait pas à une authenticité perçue pourrait se révéler contre-productif. L’essentiel, soulignent-ils, réside dans la capacité à conjuguer innovation numérique et ancrage territorial, sans jamais sacrifier la sincérité du propos. L’héritage de la campagne new-yorkaise se jouera donc dans cette subtile alchimie.

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