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L’ombre lucrative de l’information sur TikTok

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Sur la plateforme, une économie parallèle prospère. Des comptes dédiés à l’« actualité » diffusent massivement des contenus trompeurs, générant des revenus substantiels pour leurs auteurs grâce à un système de rémunération basé sur l’engagement.

Une nébuleuse de comptes, souvent gérés par les mêmes individus, inonde TikTok de vidéos présentées comme des nouvelles. Leur contenu, conçu pour susciter des réactions immédiates, mélange fréquemment des faits réels à des annonces fictives, notamment sur le pouvoir d’achat ou des faits divers sensationnels. L’objectif est simple capter l’attention des utilisateurs pour maximiser les vues, les commentaires et les partages, des métriques directement liées à la rémunération via le programme de monétisation de la plateforme.

Des créateurs, parfois basés hors des zones éligibles à ce programme, contournent les règles en utilisant des comptes situés dans des pays comme la France. Ils y consacrent plusieurs heures par jour, reconnaissant ouvertement que la recherche du profit guide leur activité. Leurs récits, qualifiés par l’un d’eux de « farfelus », trouvent un large écho auprès d’un public qui exprime parfois une défiance envers les médias traditionnels, préférant s’informer via ces canaux présentés comme indépendants.

Cette production à grande échelle de contenus trompeurs participe d’une forme d’industrialisation de la désinformation. Les formats, épurés et standardisés, reposent sur des visuels d’illustration et des voix synthétiques pour relayer des informations non vérifiées. Selon des observateurs, cette pratique contribue à éroder la confiance dans les institutions en présentant des mesures publiques imaginaires, créant un sentiment d’arbitraire.

TikTok affirme lutter contre ces dérives, que la désinformation soit intentionnelle ou non. Sa charte des créateurs interdit explicitement les contenus trompeurs cherchant à générer de l’engagement. La plateforme se réserve le droit de sanctionner les comptes, pouvant aller jusqu’à leur suppression, notamment lorsqu’un préjudice significatif est identifié. Parallèlement, des partenariats avec des organisations de vérification des faits visent à identifier et labelliser les fausses informations. Malgré ces mécanismes, le modèle économique de la plateforme, qui récompense l’audience, continue d’alimenter cette économie de l’attention aux frontières floues entre information et manipulation.

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