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Société

L’ombre d’une inéligibilité plane sur deux figures politiques du Vaucluse

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_**Le parquet a demandé jeudi l’exclusion temporaire de la vie publique pour la députée Marie-France Lorho et le maire d’Orange Yann Bompard, dans une affaire d’emploi parlementaire contesté.**_

Le tribunal judiciaire de Marseille a examiné jeudi une affaire aux conséquences potentiellement lourdes pour le paysage politique local. La députée du Vaucluse Marie-France Lorho et le maire d’Orange Yann Bompard, aujourd’hui rivaux, sont poursuivis pour des faits liés à une collaboration parlementaire survenue entre fin 2021 et début 2023. Le ministère public a sollicité à leur encontre une interdiction d’exercer tout mandat électif pour une durée de cinq ans, assortie d’une application immédiate. Le verdict, attendu le 26 janvier, interviendra à quelques semaines seulement du prochain scrutin municipal.

Les investigations portent sur la période durant laquelle Yann Bompard, alors conseiller municipal d’Orange, était rémunéré comme collaborateur de la députée. Le parquet estime que les tâches prévues n’ont été que très partiellement accomplies, générant un préjudice financier pour l’Assemblée nationale évalué à soixante-quinze mille euros. La magistrate a souligné la rareté des preuves matérielles attestant d’un travail effectif, évoquant une poignée de courriels et de messages. Elle a également pointé les multiples fonctions occupées simultanément par l’élu, qui aurait manqué de temps pour honorer ses engagements parlementaires.

Concernant l’élue, l’accusation a retenu un défaut de vigilance dans son rôle d’employeur. Elle est soupçonnée de n’avoir pris que tardivement des mesures face à la diminution constatée de l’activité de son collaborateur, coïncidant avec son accession à la mairie d’Orange et la rupture politique entre les deux personnalités. La défense de Marie-France Lorho évoque pour sa part un climat de pression et une relation de subordination inversée au sein de l’influente famille Bompard.

Les avocats des deux prévenus ont vigoureusement contesté ces arguments lors des plaidoiries. La défense de Yann Bompard a défendu la réalité et la valeur d’un travail de terrain, insistant sur le profil unique de son client et qualifiant la demande d’exécution provisoire de déni du droit à la défense. Celle de Marie-France Lorho a minimisé les reproches, les attribuant à une négligence sans conséquence, tout en rejetant l’idée de craintes de représailles. L’issue de cette procédure déterminera la capacité des deux intéressés à briguer de nouveaux mandats lors des échéances électorales à venir.

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