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L’interdiction de la viande canine à Jakarta suscite la controverse

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La décision des autorités de proscrire ce commerce ancestral provoque des réactions contrastées entre défenseurs des traditions et partisans du bien-être animal.

La capitale indonésienne a instauré une mesure prohibant la commercialisation et la consommation de viande canine, féline et de tout animal susceptible de transmettre la rage. Cette décision administrative s’accompagne d’une période de transition de six mois avant son entrée en vigueur effective. Si l’archipel indonésien compte parmi les derniers pays autorisant encore ce type de commerce, plusieurs villes avaient déjà pris des initiatives similaires ces dernières années.

Pour certains consommateurs comme Alfindo Hutagaol, cette interdiction remet en cause des pratiques culinaires ancestrales. Ce quadragénaire estime que l’animal a été créé pour être consommé et met en avant les vertus supposées de cette viande, considérée par certaines communautés comme bénéfique contre certaines affections tropicales. D’autres voix s’élèvent pour souligner l’impossibilité d’éradiquer rapidement une tradition alimentaire solidement ancrée.

Les défenseurs de la mesure font valoir des arguments sanitaires et éthiques. Jakarta, exempte de rage depuis 2004, souhaite préserver ce statut tout en promouvant le bien-être animal. Les estimations récentes évoquent près de 9 500 chiens abattus mensuellement pour approvisionner les marchés de la capitale, majoritairement en provenance de zones où la rage reste endémique. Un sondage réalisé en 2021 indiquait que 93% de la population indonésienne se déclarait favorable à l’arrêt de ce commerce.

Dans les faits, l’application de l’interdiction s’annonce complexe. Les établissements qui proposaient ouvertement ces spécialités les ont retirées de leur carte, tandis que les transactions se font désormais de manière discrète, entraînant une hausse significative des prix. Certains observateurs craignent que cette mesure n’incite certains à capturer des animaux errants, déplaçant ainsi le problème sans le résoudre. Les autorités reconnaissent la difficulté de modifier des habitudes culturelles profondément enracinées, tout en affirmant leur détermination à faire évoluer les pratiques.

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