Monde
L’insécurité, tremplin politique pour l’extrême droite chilienne
La montée de la criminalité, perçue ou réelle, a propulsé José Antonio Kast en tête des intentions de vote pour le second tour de la présidentielle. Ce dimanche, le Chili pourrait élire son premier chef d’État d’extrême droite depuis la fin de la dictature.
La scène se répète désormais avec une régularité inquiétante dans les rues de Santiago. En fin de journée, des convois de véhicules banalisés déversent des équipes policières lourdement équipées, qui investissent des habitations soupçonnées d’abriter des trafiquants. Ces opérations spectaculaires, comme celle baptisée « Colombie » menée après six mois d’enquête, illustrent la mutation profonde du paysage sécuritaire chilien. L’agence nationale d’investigations, autrefois confrontée à une délinquance relativement modérée, est aujourd’hui engagée dans une lutte intense contre des réseaux criminels transnationaux.
Selon les données des Nations unies, les homicides ont progressé d’environ cinquante pour cent depuis le début du siècle, tandis que la violence liée au crime organisé a globalement augmenté de quarante pour cent. Cette évolution place désormais la criminalité en tête des préoccupations des citoyens, devant les questions économiques ou sociales. Des groupes structurés, originaires notamment du Venezuela, de Colombie ou du Pérou, se disputent des territoires, introduisant des méthodes d’une brutalité inédite dans le pays. Pour Erick Menay, un officier chevronné de la lutte anti-gangs, cette nouvelle donne s’accompagne d’une recrudescence des armes à feu, des victimes et d’un sentiment général d’appréhension.
C’est sur ce terreau d’inquiétude que José Antonio Kast a bâti sa campagne. Le candidat d’extrême droite, en lice pour la troisième fois, martèle un discours sans équivoque. Il promet un retour à l’ordre par des mesures radicales, incluant l’expulsion massive de migrants en situation irrégulière, le verrouillage de la frontière avec la Bolivie et la possible déclaration de l’état d’urgence. Porté par les sondages, il apparaît comme le favori face à la candidate de gauche Jeannette Jara.
Pourtant, une analyse plus fine des chiffres invite à nuancer le diagnostic d’une nation en proie au chaos. Si la délinquance a effectivement gagné en violence, elle est partie d’un niveau historiquement bas. Les statistiques policières indiquent même une stabilisation, voire une baisse, des crimes les plus graves. Moins de six pour cent de la population déclare avoir été victime d’un acte violent comme un vol avec agression ou une extorsion. Selon les spécialistes de terrain, les Chiliens restent rarement la cible des forfaits les plus médiatisés, souvent liés à des règlements de comptes entre bandes rivales.
Le décalage entre les faits et le sentiment d’insécurité est au cœur du débat. D’anciens responsables, comme Christian Bolivar, qui dirige la sécurité d’une commune aisée de Santiago, le reconnaissent. La peur, alimentée par une couverture médiatique parfois anxiogène, a crû plus vite que la criminalité réelle. Cette perception, difficile à infléchir, engendre un cercle vicieux. Des rues désertées par crainte deviennent effectivement moins sûres, renforçant le malaise collectif. Une étude récente montre d’ailleurs que les consommateurs d’information télévisée sont significativement plus enclins à considérer la violence comme un problème majeur que les lecteurs de presse écrite.
À l’aube d’un scrutin décisif, le Chili se trouve ainsi à un carrefour. Le choix des électeurs dimanche ne se résumera pas à une simple évaluation des statistiques criminelles, mais reflétera surtout la manière dont une société perçoit et réagit à un changement, aussi relatif soit-il, de son environnement sécuritaire.
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