Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

L’incarcération sous haute protection de l’ancien président Sarkozy suscite la controverse

Article

le

L’ancien chef de l’État bénéficie d’un dispositif sécuritaire exceptionnel en détention, une mesure qualifiée de « folie sécuritaire » par les représentants du personnel pénitentiaire.

L’ancien président Nicolas Sarkozy, incarcéré depuis mardi à la prison de la Santé, fait l’objet d’un dispositif de protection jugé sans précédent par les observateurs. Deux officiers de police armés ont été installés dans une cellule adjacente à la sienne au sein du quartier d’isolement, une mesure justifiée par le ministère de l’Intérieur en raison des menaces pesant sur l’ancien chef de l’État. Cette décision a été prise en coordination avec le ministère de la Justice et sera maintenue aussi longtemps que nécessaire, selon les autorités.

Le syndicat Ufap-Unsa Justice a vivement dénoncé cette disposition, parlant d’un « dispositif insensé » et d’une « folie sécuritaire ». Dans un communiqué, son secrétaire général Alexandre Caby a estimé que l’introduction d’armes en détention franchissait une « ligne rouge », qualifiant cette mesure de « trahison du service public pénitentiaire » et de « gifle monumentale » pour les personnels. Le syndicat exige le retrait immédiat des armes et des excuses publiques.

Le ministre de l’Intérieur a pour sa part défendu cette décision, soulignant qu’elle s’ajoutait aux mesures de sécurité déjà mises en œuvre par l’administration pénitentiaire. Il a rappelé que l’ancien président demeurait exposé à des menaces spécifiques nécessitant une protection adaptée, tout en réaffirmant son statut de justiciable comme un autre. Cette situation intervient alors qu’un récent sondage indique que trois quarts des Français considèrent que l’ancien chef de l’État ne doit pas bénéficier d’un traitement différencié en détention.

Parallèlement, l’annonce d’une visite du ministre de la Justice à l’ancien président en prison a suscité des réserves, y compris au sein de la magistrature, où certains y voient un risque d’atteinte à l’indépendance des juges. L’ancien président, condamné à cinq ans de prison dans le dossier libyen, devrait demeurer incarcéré pendant plusieurs semaines dans l’attente de l’examen de son recours en appel.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus