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L’hécatombe des éléphants de mer frappés par l’épidémie de grippe aviaire

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Une étude scientifique révèle l’ampleur des pertes chez cette espèce emblématique des régions subantarctiques, où près de la moitié des femelles reproductrices ont disparu en quelques mois.

La propagation mondiale du virus influenza aviaire a provoqué des ravages considérables parmi les populations d’éléphants de mer austraux. Des recherches récentes documentent un déclin dramatique survenu dans l’archipel de Géorgie du Sud, où le nombre de femelles reproductrices a chuté de près de cinquante pour cent depuis l’arrivée de la maladie en 2023. Cette réduction équivaut à la disparition d’environ 53 000 individus sur les plages de reproduction de cette île stratégiquement située dans l’Atlantique Sud.

Ce territoire isolé constitue le principal site de reproduction pour plus de la moitié de la population mondiale de cette espèce de phoques. L’épidémie actuelle, qui a touché des centaines de millions d’oiseaux et diverses espèces mammifères à l’échelle planétaire, se manifeste chez les éléphants de mer par des symptômes respiratoires sévères. Les scientifiques observent des milliers d’individus présentant des quintes de toux et des écoulements nasaux, signes cliniques caractéristiques de l’infection.

La transmission du pathogène semble s’effectuer directement entre mammifères marins, probablement favorisée par leur comportement grégaire durant la saison de reproduction. Les rassemblements denses sur les plages sableuses créent des conditions propices à la dissémination virale. Les conséquences sont particulièrement visibles parmi les nouveau-nés, nombreux à succomber après avoir été abandonnés par leurs mères infectées.

Des observations similaires effectuées sur la côte argentine confirment la gravité de la situation. Dans la péninsule Valdès, près de la totalité des jeunes nés durant l’épizootie ont péri, tandis que les femelles reproductrices y ont enregistré des pertes encore plus importantes. Les chercheurs estiment que si la population de Géorgie du Sud suit la même trajectoire, les perspectives deviendraient préoccupantes pour l’espèce.

Néanmoins, l’importance numérique de la colonie de Géorgie du Sud, qui compte plusieurs centaines de milliers d’individus, laisse entrevoir une certaine capacité de résilience. Les spécialistes excluent pour l’instant un risque d’extinction imminente, tout en reconnaissant que les effets de cette crise sanitaire se feront sentir pendant de nombreuses années sur la dynamique des populations.

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