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L’Europe à la croisée des chemins climatiques

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Les dirigeants européens ont engagé jeudi à Bruxelles des discussions cruciales sur l’avenir de la politique environnementale de l’Union, alors que les divisions persistent entre ambitions écologiques et réalités industrielles.

Les Vingt-Sept doivent impérativement trouver un terrain d’entente dans les prochains jours concernant leur objectif commun de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2040. Cet impératif s’inscrit dans la perspective de la prochaine conférence internationale sur le climat qui se tiendra au Brésil début novembre, où l’Union européenne souhaite présenter une position unie.

La proposition de la Commission visant une diminution de 90% des émissions par rapport aux niveaux de 1990 cristallise les tensions. Si le Danemark, la Suède et l’Espagne soutiennent cette orientation, la Hongrie et la République tchèque y opposent des réserves au nom de la protection de leurs industries. La France, pour sa part, adopte une posture mesurée. La suggestion de Bruxelles d’intégrer des crédits carbone internationaux dans le calcul des réductions, à hauteur de 3% du total, n’a pas suffi à apaiser les réticences.

Aucune décision formelle n’a émergé de cette rencontre, mais elle a permis d’éclaircir les positions nationales avant la réunion décisive prévue le 4 novembre. Le président du Conseil européen a souligné la nécessité d’une approche pragmatique et flexible dans la stratégie climatique.

Le débat sur l’interdiction des véhicules thermiques neufs à partir de 2035 a également occupé une place centrale dans les échanges. Cette mesure emblématique du Pacte vert européen fait l’objet de vives contestations de la part des constructeurs automobiles, qui réclament plus de souplesse. Le chancelier allemand s’est positionné en faveur d’une levée de cette interdiction, tandis que la France et l’Espagne défendent une application plus nuancée, sans remettre en cause l’échéance de 2035.

Le contexte politique européen, marqué par la montée des forces souverainistes lors des dernières élections, a modifié la dynamique des négociations environnementales. Un diplomate européen observe un changement notable dans les mentalités, où la lutte contre le dérèglement climatique reste une priorité, mais dont les modalités de mise en œuvre font désormais l’objet de réévaluations.

Parallèlement, l’Union européenne a engagé la révision de plusieurs textes législatifs ambitieux adoptés récemment, concernant notamment la déforestation et le devoir de vigilance des entreprises. Ces révisions interviennent sous la pression combinée des acteurs industriels et de certains États membres, au détriment des recommandations des organisations non gouvernementales. Deux mille scientifiques ont pourtant rappelé aux dirigeants européens la compatibilité entre objectifs climatiques ambitieux et prospérité économique, plaidant pour une approche qui ne sacrifie pas les impératifs environnementaux aux considérations industrielles.

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