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L’étau se resserre autour de Béthanie

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La localité palestinienne d’al-Eizariya, lieu biblique de la résurrection de Lazare, subit de plein fouet l’expansion des colonies israéliennes qui menace son existence même.

Le long de l’artère commerçante d’al-Eizariya, les avis de démolition se multiplient depuis l’approbation du projet de colonisation E1 par les autorités israéliennes. Yahya Abou Ghalia, entrepreneur local, a vu sa maison rasée cet été et son entreprise de lavage automobile est désormais menacée. Les autorités justifient ces mesures par l’absence de permis de construire, des documents que les résidents palestiniens affirment ne pouvoir obtenir.

Le plan E1 prévoit l’édification de 3 400 logements sur douze kilomètres carrés entre Jérusalem-Est et la colonie de Maale Adoumim. Ce projet, condamné par plusieurs instances internationales, créerait une continuité territoriale israélienne tout en fragmentant l’espace palestinien. Selon les experts, cette implantation repousserait Béthanie à dix-sept kilomètres de Jérusalem, contre six actuellement.

La municipalité craint particulièrement pour l’avenir du tourisme religieux, avec la tombe de Lazare qui attire traditionnellement un demi-million de visiteurs annuels. La localité se trouve désormais encadrée par le mur de séparation d’un côté et une nouvelle barrière métallique érigée récemment. Ces obstacles entravent considérablement la circulation des biens et des personnes.

Les observateurs soulignent que ces démolitions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer le contrôle israélien sur la zone C, tout en réduisant la présence palestinienne. Mohammed Matar, responsable de l’Autorité palestinienne, alerte sur le déplacement programmé de vingt-quatre communautés bédouines dépendant de l’élevage.

Malgré le rejet des recours juridiques intentés par des organisations israéliennes, les habitants manifestent leur détermination à rester sur ces terres qu’ils considèrent comme patrimoine palestinien. « Je n’ai pas l’intention de partir », affirme M. Abou Ghalia, résumant le sentiment général d’une population confrontée à une transformation profonde de son environnement.

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