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L’Est congolais en proie aux combats malgré un accord de paix

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À peine signé, le texte censé apaiser les tensions entre Kinshasa et Kigali est déjà mis à l’épreuve par une recrudescence des affrontements, poussant des centaines de civils à fuir vers le Rwanda.

La signature, jeudi soir, d’un accord entre les présidents congolais et rwandais n’a pas suffi à suspendre les hostilités dans l’est de la République démocratique du Congo. Dès le lendemain, de violents combats ont éclaté dans la province du Sud-Kivu, opposant l’armée congolaise et ses alliés burundais au groupe armé M23. Les populations civiles, prises dans la tourmente, ont entamé un nouvel exode vers le Rwanda voisin.

Le centre des affrontements se situe autour de la localité frontalière de Kamanyola, un point stratégique aux confins de trois pays. Des détonations d’une intensité inhabituelle, faisant vibrer les bâtiments, ont retenti toute la matinée de vendredi. Des témoins évoquent des bombardements touchant des zones résidentielles, y compris des établissements scolaires et médicaux. Face à cette escalade, des centaines d’habitants ont traversé le poste-frontière de Bugarama, sous la surveillance des forces de sécurité rwandaises.

Cette flambée de violence intervient dans un contexte diplomatique pourtant marqué par un récent rapprochement. L’accord, présenté comme une avancée majeure, avait été formellement ratifié à Washington. Sa mise en œuvre pratique se heurte cependant à la réalité d’un terrain miné par des décennies de conflits. Le groupe M23, qui contrôle plusieurs zones, accuse désormais l’armée burundaise de pilonner depuis son territoire. Les autorités locales dénoncent quant à elles des frappes aveugles sur des infrastructures civiles.

Sur place, la population vit dans l’angoisse. Les habitants décrivent des scènes de panique, les familles se terrant dans leurs maisons au plus fort des échanges de tirs. Pour beaucoup, la fuite est apparue comme la seule issue face à des combats dont l’intensité ne faiblit pas. Cette situation illustre les défis immenses qui persistent pour concrétiser sur le terrain les engagements pris à l’échelle internationale. La région, riche en ressources mais instable depuis plus de trente ans, reste un foyer de tensions où les dynamiques militaires locales semblent, pour l’heure, primer sur les déclarations politiques.

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