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Les marées, clé pour anticiper la séparation des icebergs

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Une étude révèle que les cycles maritimes influencent directement le détachement des masses glaciaires en Antarctique, ouvrant la voie à des prévisions plus fiables.

Les variations du niveau des océans joueraient un rôle déterminant dans le processus de fragmentation des icebergs, selon des travaux scientifiques récents. Cette découverte pourrait permettre de mieux anticiper ces phénomènes, dont les conséquences sur l’élévation du niveau de la mer sont significatives.

Lorsqu’un bloc de glace d’une superficie équivalente à quinze fois celle de Paris s’est détaché de la barrière de Brunt en 2023, l’événement n’a pas constitué une surprise pour les glaciologues. Les observations menées depuis plusieurs années sur les fractures de la banquise avaient permis d’envisager cette rupture, confirmée lors des marées de printemps, période où l’écart entre haute et basse mer est le plus marqué.

Les recherches, fondées sur une modélisation inédite, établissent un lien direct entre l’amplitude des marées, les conditions météorologiques et les tensions mécaniques exercées sur la glace. Après le détachement de l’iceberg A81, les scientifiques ont pu constater sur place l’étendue du vide laissé par son départ, désormais occupé par l’eau.

Actuellement à la dérive dans la mer de Weddell, ce mastodonte de glace pourrait croiser la route de la Géorgie du Sud, zone cruciale pour la reproduction de nombreuses espèces marines. Un autre géant, l’iceberg A23a, récemment échoué près de l’île, subit désormais l’érosion des courants et devrait disparaître progressivement.

Si le vêlage des icebergs participe naturellement à l’équilibre des masses glaciaires en Antarctique, les chercheurs soulignent un déséquilibre croissant. La fonte accélérée due au réchauffement des océans contraste avec la stabilité relative du rythme des détachements, un phénomène plus rare et complexe à quantifier. Trois immenses icebergs se sont ainsi séparés de la barrière de Brunt depuis 2021, sans qu’il soit possible d’établir une tendance claire.

Bien que ces avancées facilitent les prévisions, les scientifiques restent prudents. La modélisation des fractures glaciaires demeure un défi, et les projections à long terme nécessitent des données supplémentaires. L’enjeu est pourtant majeur, tant pour la compréhension des dynamiques polaires que pour l’évaluation des risques côtiers à l’échelle mondiale.

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