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Les îles Cook face au dilemme de l’exploitation minière sous-marine

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Un navire de recherche scrute les fonds marins du Pacifique, suscitant espoirs économiques et craintes environnementales dans l’archipel.

Au cœur du Pacifique Sud, les eaux turquoise des îles Cook dissimulent un trésor convoité. L’Anuanua Moana, un navire de recherche de mille tonnes, arpente depuis deux ans cette zone maritime à la recherche de nodules polymétalliques. Ces concrétions minérales, riches en métaux stratégiques comme le cobalt ou le nickel, représenteraient une manne estimée à plusieurs milliards de dollars.

L’initiative, portée par la société Moana Minerals, filiale d’un groupe texan, vise à convaincre les autorités locales de la viabilité d’une exploitation minière sous-marine. Les droits d’exploration couvrent 20 000 kilomètres carrés dans la zone économique exclusive de l’archipel. Selon les chercheurs, il s’agirait du gisement le plus important situé dans des eaux territoriales.

Pourtant, cette perspective divise la population. Pour les partisans, comme le jeune perliculteur James Kora, l’activité pourrait apporter des retombées financières significatives. À l’inverse, des voix s’élèvent pour dénoncer les risques écologiques. Le biologiste Teina Rongo rappelle que les fonds marins, considérés comme sacrés par les traditions locales, demeurent largement méconnus. « Nos ancêtres y voyaient le domaine des dieux », souligne-t-il.

Les techniques d’extraction, encore en développement, reposent sur des robots sous-marins capables de ratisser les abysses à plus de 5 000 mètres de profondeur. Une méthode que dénoncent les défenseurs de l’environnement, à l’image d’Alanna Smith, pour qui cette démarche revient à « jouer aux apprentis sorciers ».

Alors que l’Autorité internationale des fonds marins travaille à encadrer cette industrie émergente, les îles Cook affichent une position prudente. Le gouvernement local assure vouloir aligner sa réglementation sur les standards internationaux, sans précipitation. Cette approche contraste avec les partenariats déjà signés, notamment avec la Chine, illustrant les enjeux géopolitiques sous-jacents.

Entre convoitises économiques et préservation d’un écosystème fragile, l’archipel incarne les tensions d’une nouvelle frontière industrielle. Le débat dépasse les simples considérations locales, posant une question universelle : jusqu’où exploiter les ressources naturelles sans en comprendre pleinement les conséquences ?

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