Économie
Les bazars de Téhéran se ferment face à la crise monétaire
_**Pour la deuxième journée consécutive, des commerçants iraniens ont observé une grève du silence en baissant leurs rideaux de fer. Ce mouvement traduit un profond malaise face à l’effondrement persistant de la monnaie nationale et à l’inflation galopante.**_
La capitale iranienne a vu plusieurs de ses artères commerciales, notamment autour des grands bazars du centre-ville, se figer lundi. Les boutiques sont restées closes, une forme de protestation silencieuse contre la dégradation continue des conditions économiques. Cette paralysie volontaire des échos survient dans un contexte de chute vertigineuse du rial, la devise nationale, qui a encore enregistré un niveau historiquement bas face au dollar et à l’euro sur les marchés parallèles.
Cette dépréciation chronique de la monnaie alimente une instabilité généralisée des prix, rendant toute activité commerciale prévisible extrêmement difficile. Les transactions, en particulier pour les biens importés, sont au point mort, vendeurs et acheteurs préférant différer leurs achats dans l’attente d’une clarification de la situation. Les manifestants, selon des comptes-rendus locaux, exigent des autorités une intervention urgente pour stabiliser le taux de change et mettre en œuvre une politique économique plus lisible.
Des rassemblements ont été signalés, accompagnés de slogans critiquant la gestion de la crise. Des images diffusées montrent une foule occupant une rue commerçante majeure. Des sources évoquent des tensions avec les forces de l’ordre et l’utilisation de moyens de dispersion. Les autorités, par le biais d’agences de presse, ont mis en garde contre toute tentative d’exploitation de ces mouvements à des fins de déstabilisation.
Cette mobilisation fait suite à des fermetures similaires observées la veille dans d’autres secteurs du commerce, comme celui des téléphones portables. Face à cette pression, le pouvoir a réagi par des annonces institutionnelles. Le chef de l’appareil judiciaire a ordonné des sanctions rapides contre ceux qu’il accuse d’être à l’origine des fluctuations des devises. Parallèlement, un changement à la tête de la Banque centrale a été acté, avec la nomination d’un ancien ministre de l’Économie.
Le gouvernement tente de présenter une réponse structurelle, avec la soumission au Parlement d’un projet de budget prévoyant une revalorisation des salaires. Cette mesure apparaît cependant insuffisante au regard du taux d’inflation officiel, qui demeure très élevé et masque des hausses bien plus prononcées sur les produits de base. L’économie nationale, durablement affectée par un régime de sanctions internationales récemment renforcé, subit également les contrecoups des tensions géopolitiques régionales et de l’impasse dans les discussions diplomatiques sur le dossier nucléaire. Le président iranien a récemment dénoncé ce qu’il qualifie de conflit économique généralisé mené contre son pays.
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