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Le village français qui a vu naître une révolution

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_**Dans la paisible commune de Neauphle-le-Château, les souvenirs d’un hôte illustre et controversé demeurent vivaces, près d’un demi-siècle après son séjour.**_

À quelques encablures de Paris, une bourgade des Yvelines conserve la trace discrète d’un épisode marquant de l’histoire contemporaine. Entre octobre 1978 et janvier 1979, la résidence d’un exilé iranien, Ruhollah Khomeini, est devenue le centre névralgique d’un mouvement qui allait transformer le Moyen-Orient. L’imam chiite y a préparé son retour, orchestrant depuis cette retraite inattendue les événements qui conduiront au renversement du régime du Chah.

L’arrivée du religieux dans cette localité de trois mille âmes résulte d’un concours de circonstances. Après son expulsion d’Irak, il cherchait un refuge accessible sans formalités visa. La France, où résidaient de nombreux opposants iraniens, s’est imposée. C’est par l’intermédiaire de proches qu’il a pu occuper une maison de famille, transformant rapidement ce havre tranquille en quartier général politique.

Les riverains de l’époque se souviennent d’une soudaine effervescence. La présence du leader spirituel a attiré un flot continu de visiteurs, de militants et de journalistes, bouleversant le calme habituel des lieux. Un ancien habitant évoque des allées et venues incessantes, notamment de jeunes étudiants iraniens venus d’Allemagne. C’est depuis cette propriété que des discours enregistrés étaient expédiés vers Téhéran, jouant un rôle crucial dans la mobilisation des partisans.

Pour certains résidents, cette période intense est restée un épisode singulier mais lointain, davantage perçu à travers les médias que vécu au quotidien. D’autres gardent le souvenir des perturbations occasionnées, comme les contrôles de police et les rues parfois barrées. La maison elle-même a été détruite peu après dans une explosion nocturne, effaçant le bâtiment mais non la mémoire des événements.

Aujourd’hui, le terrain où se dressait la villa est à l’abandon. Une plaque commémorative installée sur les lieux a été vandalisée l’an dernier. Pourtant, le lien persiste. Chaque année, une délégation se rassemble discrètement pour marquer l’anniversaire du retour du guide en Iran. À Téhéran, une artère porte toujours le nom de la commune française, perpétuant ce chapitre d’histoire partagée, à la fois anecdotique pour le village et décisif à l’échelle internationale.

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