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Le Suneung, un jour où la Corée du Sud retient son souffle

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Le pays tout entier s’organise autour de l’examen d’entrée à l’université, véritable phénomène sociétal qui transcende le cadre éducatif.

Le trafic aérien s’interrompt, les horaires de travail s’adaptent et des rassemblements spontanés se forment devant les lycées. Cette mobilisation générale accompagne le Suneung, l’équivalent sud-coréen du baccalauréat, dont l’importance dépasse largement le seul enjeu académique. L’ensemble de la nation ajuste son rythme pour garantir des conditions optimales aux candidats.

Pendant la session de compréhension orale en anglais, une interdiction de décollage et d’atterrissage s’applique sur tout le territoire. Cette mesure concerne des dizaines de vols, y compris des liaisons internationales. Les autorités décalent également les heures d’ouverture des administrations et des établissements bancaires pour fluidifier la circulation matinale et éviter tout retard. Des unités policières restent en alerte pour escorter en urgence les élèves qui rencontreraient des difficultés de transport.

Devant le lycée Yongsan, au cœur de Séoul, l’atmosphère est particulière dès l’aube. Les premiers candidats, souvent accompagnés de leurs proches, arrivent bien avant le début des épreuves. Des groupes d’élèves plus jeunes brandissent des banderoles et scandent des encouragements à chaque passage. Cette solidarité intergénérationnelle témoigne de la place centrale qu’occupe cet examen dans la conscience collective.

Le Suneung se distingue des systèmes d’évaluation européens par son mode de classement. Il ne s’agit pas d’une validation de connaissances, mais d’un concours national qui détermine l’ordre de mérite. Les résultats conditionnent directement l’accès aux formations supérieures les plus prestigieuses, faisant de cette journée un tournant décisif dans le parcours des jeunes Sud-Coréens.

Autour de l’examen se sont développées de nombreuses pratiques symboliques. Certains aliments sont évités, comme la soupe aux algues, dont la texture glissante évoquerait un échec potentiel. Le gâteau de riz, en revanche, est privilégié pour ses propriétés collantes, censées aider à retenir les connaissances. Après avoir accompagné leur enfant, de nombreux parents se rendent dans des lieux de culte pour prier durant toute la durée des épreuves.

Cette année, le processus d’admission intègre un nouveau critère. Face à la prise de conscience croissante concernant le harcèlement scolaire, les dossiers de comportement deviennent un élément obligatoire dans la sélection, renforçant ainsi la dimension éthique du recrutement universitaire. Plus d’un demi-million de jeunes gens participent à cette édition, chacun conscient que leur performance influencera durablement leur avenir professionnel et social.

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