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Le silence suédois, une thérapie contre l’agression sonore

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Face à la cacophonie ambiante, la Suède propose une immersion sensorielle radicale. Trois couples ont testé une retraite silencieuse en pleine nature, révélant les vertus régénératrices du calme scandinave.

Dans le sud de la Suède, une initiative touristique originale invite à une expérience hors du commun. Quatre jours de retraite dans une cabane isolée, sans téléphone ni échanges sonores au-delà de 45 décibels. Ce projet, baptisé « Silent Cabin », s’appuie sur une observation simple. Les visiteurs étrangers plébiscitent justement la quiétude et les vastes espaces naturels comme principales raisons de leur séjour.

Pour garantir le respect du protocole, un sonomètre dissimulé transmettait en temps réel les niveaux acoustiques aux organisateurs. Tout dépassement prolongé entraînait l’exclusion immédiate. Les participants, tous issus de milieux urbains, ont découvert un cadre rustique mais confortable, niché au cœur d’une forêt traversée par un ruisseau. L’une des volontaires allemandes, Lise Holm, souligne l’importance de cet instrument de mesure pour crédibiliser la démarche.

Pendant près de soixante-douze heures, les résidents se sont adonnés à des activités contemplatives. Marches, méditation ou peinture se sont déroulées dans un quasi-mutisme. Les sœurs Holm ont décrit une transformation profonde, évoquant une perception renouvelée des bruits naturels habituellement masqués par le tumulte urbain. L’une d’elles affirme même avoir retrouvé un niveau d’énergie et une sérénité inédits.

Selon l’Agence européenne pour l’environnement, le bruit constitue le deuxième facteur environnemental le plus préjudiciable à la santé en Europe, après la pollution atmosphérique. Un citoyen européen sur cinq serait exposé à des niveaux sonores délétères, avec des risques accrus de pathologies cardiovasculaires et mentales.

Si les retraites silencieuses offrent une échappatoire individuelle, les experts rappellent leur limite face à un problème structurel. Eulalia Peris, spécialiste en acoustique environnementale, estime que la solution ne réside pas dans un exode vers les campagnes. Elle préconise plutôt une réduction à la source, via une régulation du trafic, une baisse des vitesses autorisées, la création de zones tampons et le développement des mobilités douces. Le défi reste collectif, nécessitant une approche systémique plutôt que des refuges éphémères.

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