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Le retrait précipité de Téhéran, prélude à la fin du régime syrien

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_**La chute de Damas, en décembre 2024, a été précédée d’une évacuation discrète mais totale des forces iraniennes. Des sources multiples confirment que Téhéran a plié bagage quarante-huit heures avant la déroute finale de son principal allié régional.**_

L’Iran a procédé à un retrait complet de son personnel militaire et diplomatique du territoire syrien deux jours avant la prise de la capitale par les forces rebelles et la fuite du président Bachar al-Assad. Cette décision, révélée par plusieurs témoignages concordants, marque la fin abrupte d’un engagement de plus d’une décennie. La République islamique maintenait alors en Syrie un dispositif conséquent, incluant des conseillers des Gardiens de la révolution, des combattants et le pilotage opérationnel de milices affiliées, notamment le Hezbollah libanais.

Un ancien officier syrien détaché auprès d’un état-major iranien à Damas se souvient d’une convocation urgente le 6 décembre. Sur place, un responsable se présentant sous le nom de « hajj Abou Ibrahim » a annoncé aux Syriens présents le départ immédiat et définitif des Gardiens de la révolution. L’ordre a été donné de détruire les documents sensibles et de démonter les disques durs des ordinateurs. « Tout est fini. Nous ne sommes plus responsables de vous », leur aurait-il déclaré. Stupéfaits, les militaires syriens ont perçu une solde anticipée d’un mois avant de regagner leurs domiciles.

La même précipitation a gagné les représentations diplomatiques. D’anciens employés locaux du consulat iranien à Damas affirment que les lieux ont été intégralement vidés dans la soirée du 5 décembre. Les diplomates ont gagné Beyrouth par la route, certains étant accompagnés d’employés syriens détenteurs de la nationalité iranienne. Les personnels restants ont reçu l’instruction de se confiner chez eux et ont été réglés pour trois mois de salaire. Dès l’aube du 6 décembre, l’ambassade, le consulat et l’ensemble des positions militaires iraniennes étaient désertes.

Un ancien fonctionnaire frontalier au poste de Jdaidet Yabous, à la frontière libanaise, décrit des embouteillages monstres les 5 et 6 décembre, signe d’un exode massif. Selon le colonel Mohammad Dibo, de la nouvelle armée syrienne, les forces iraniennes ont cessé tout combat après la chute d’Alep, le 29 novembre. Leur retrait, forcé par l’effondrement rapide des troupes du régime, s’est effectué dans la confusion. L’entrée des rebelles dans les bases iraniennes d’Alep a permis de découvrir des passeports et papiers d’identité abandonnés dans la hâte.

L’évacuation des derniers contingents s’est principalement organisée via la base russe de Hmeimim, sur la côte syrienne. Près de quatre mille militaires iraniens s’y seraient réfugiés avant d’être exfiltrés par avion, tandis que d’autres fuyaient vers l’Irak ou le Liban. Un haut responsable militaire iranien connu sous le nom de hajj Jawad aurait ainsi quitté la région de Hama pour rejoindre Téhéran via cette plateforme russe. Ce départ organisé mais précipité met un terme à une présence qui s’était considérablement renforcée au fil des années de conflit, concentrant ses forces autour de sites sensibles de Damas et de sa banlieue.

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