Monde
Le retour des bergers kurdes sur les terres oubliées de Hakkari
Après des années de conflit, les éleveurs retrouvent leurs pâturages d’altitude, symbole d’une paix fragile mais prometteuse.
Dans les montagnes escarpées de la province de Hakkari, aux confins de la Turquie, de l’Iran et de l’Irak, une tradition ancestrale renaît peu à peu. Les bergers kurdes, qui avaient déserté ces hauts plateaux en raison des tensions armées, reprennent le chemin des alpages, parfois perchés à plus de 2 000 mètres d’altitude. Ce retour progressif s’inscrit dans un contexte d’apaisement entre Ankara et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), marqué récemment par une cérémonie symbolique de dépôt d’armes en Irak.
Selahattin Irinc, 57 ans, se remémore les années où ces terres étaient inaccessibles. « Avant, nous montions ici, mais les conditions ne le permettaient plus depuis longtemps », confie-t-il en kurde, tout en retenant délicatement un mouton pour la tonte. Comme lui, des dizaines de familles ont recommencé à mener leurs troupeaux vers les pâturages du massif de Cilo, où le pic Resko domine à 4 137 mètres. Un paysage de lacs glaciaires et de cascades, jadis théâtre d’affrontements, aujourd’hui traversé par des randonneurs et des éleveurs.
Les relations entre les bergers et l’armée turque, longtemps tendues, se sont améliorées. « On nous accusait autrefois de ravitailler les combattants avec du lait ou de la viande », se souvient un éleveur souhaitant garder l’anonymat. Si les postes de contrôle militaires persistent aux abords de Hakkari, la diminution des violences a permis cette reprise progressive des activités pastorales.
Pourtant, l’avenir de cette pratique reste incertain. Mahir Irinc, 37 ans, estime que sa génération pourrait être la dernière à perpétuer ce mode de vie éprouvant. « Les jeunes préfèrent des métiers moins rudes », constate-t-il. Malgré tout, pour l’heure, familles entières continuent de monter chaque été, comme Hicran Denis, 22 ans, qui aide sa mère à la traite. « Les moutons, ici, c’est notre seule ressource », explique-t-elle, un seau à la main. Trois ou quatre mois par an, ces montagnes redeviennent le refuge d’une tradition qui résiste, portée par l’espoir d’une paix durable.
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