Société
Le retour de l’ancien maire de Drancy divise la ville
_**À trois semaines du scrutin, Jean-Christophe Lagarde, purgé de son inéligibilité, tente de reconquérir la mairie que son épouse ne brigue plus. L’opposition, fragmentée, cherche à mettre fin à un quart de siècle de gestion familiale.**_
Au cœur du quartier des Quatre Routes, l’ancien édile est salué avec déférence par de nombreux riverains. Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy de 2001 à 2017, aspire aujourd’hui à reprendre le fauteuil qu’il avait laissé à son épouse, Aude, pour se conformer à la législation sur le non-cumul des mandats. Celle-ci, élue en 2020, a annoncé l’an dernier ne pas solliciter un nouveau mandat pour des raisons de santé. L’ancien député et président de l’UDI, condamné en 2022 pour détournement de fonds publics et fraîchement sorti de sa période d’inéligibilité, présente désormais sa candidature. Il affirme vouloir défendre son bilan et contrer la percée de La France insoumise dans cette commune de Seine-Saint-Denis.
Face à lui, trois listes principales espèrent tourner la page d’une gestion qu’elles qualifient de « système ». Une union LFI-PCF, menée par Gokhan Unver, une formation écologiste conduite par Hacène Chibane, et une dissidence portée par son ancien premier adjoint, Hamid Chabani. Les adversaires du couple Lagarde dénoncent des méthodes clientélistes et un climat de pression, accusations que l’intéressé rejette en bloc. Il préfère concentrer ses attaques sur le « danger » que représenterait, selon lui, une victoire de la gauche radicale, pointant du doigt ce qu’il nomme la « ghettoïsation » des villes administrées par le Parti communiste et LFI.
Les démêlés judiciaires de l’ancien maire, actuellement mis en examen dans l’affaire de la fausse information visant des élus insoumis, semblent pourtant laisser une partie de l’électorat indifférente. Certains habitants rencontrés sur place estiment que ces affaires relèvent de la sphère privée et mettent en avant les transformations urbaines réalisées sous ses mandats. D’autres, en revanche, déplorent une forme d’amnésie collective et soutiennent les candidats opposés à sa reconquête.
La campagne s’annonce serrée. Le score élevé de LFI aux dernières élections européennes, où la liste menée par Manon Aubry a frôlé les 40 % dans la ville, nourrit l’espoir d’un second tour, une configuration inédite depuis 2001. Pour éviter une dispersion des voix défavorable aux anti-Lagarde, le candidat écologiste a d’ores et déjà promis de se retirer au second tour s’il n’est pas en position de l’emporter, appelant ses concurrents à en faire autant. L’enjeu est de taille rompre avec vingt-cinq ans de gestion incarnée par un même nom.
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