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Politique

Le PS impose ses conditions à Lecornu pour éviter la censure

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Le parti socialiste place le nouveau Premier ministre face à un dilemme politique majeur. Ses exigences portent notamment sur l’abandon du 49.3 et une réorientation économique.

Le Parti socialiste a clairement indiqué ses attentes au nouveau chef du gouvernement, dont la survie politique dépend en partie de son soutien. Les socialistes entendent tirer les leçons des précédentes négociations, qu’ils estiment avoir tourné à leur désavantage. Ils réclament désormais des garanties substantielles avant d’envisager de soutenir l’exécutif.

Parmi les conditions avancées figure l’engagement formel de ne pas recourir à l’article 49.3 de la Constitution, un outil devenu systématique sous la précédente législature en l’absence de majorité absolue. Les socialistes y voient un test de la volonté du gouvernement d’opter pour une méthode plus concertée. Une exigence qui s’annonce difficile à satisfaire, tant le recours à cet article s’est imposé comme une pratique courante depuis 2022.

Sur le fond, le PS souhaite une inflexion nette de la politique économique, avec notamment l’intégration de certaines de ses propositions présentées fin août. Il réclame un retour sur la réforme des retraites et la mise en place d’un impôt sur les grandes fortunes, des mesures considérées comme des marqueurs idéologiques non négociables. Pour les élus socialistes, il s’agit de vérifier si le gouvernement est prêt à dépasser certains dogmes du quinquennat précédent.

Certains parlementaires socialistes se montrent toutefois sceptiques quant à la possibilité d’un accord et plaident pour une censure immédiate. Ils estiment que les récentes nominations et propositions budgétaires ont renforcé leur méfiance à l’égard de l’exécutif. D’autres préfèrent attendre que la pression sociale fasse évoluer le rapport de forces.

La France insoumise a d’ores et déjà annoncé son intention de déposer une motion de censure dès la rentrée parlementaire, mettant les socialistes devant leurs responsabilités. Ces derniers affirment pour leur part ne pas redouter une dissolution, tout en précisant qu’ils ne la souhaitent pas. Le Parti socialiste se présente ainsi en arbitre exigeant, conscient de son rôle pivot dans l’équilibre parlementaire actuel.

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