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Le prosopis, une espèce invasive qui asphyxie les communautés éthiopiennes

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Introduit pour lutter contre la désertification, cet arbuste épineux prolifère désormais de manière incontrôlée, menaçant les écosystèmes et les moyens de subsistance des populations locales.

Dans la région aride de l’Afar, au nord-est de l’Éthiopie, une plante importée d’Amérique latine dans les années 1970 est devenue un problème écologique et économique majeur. Le prosopis, initialement planté pour stabiliser les sols et fournir de l’ombre, s’est répandu de façon exponentielle, asséchant les nappes phréatiques et réduisant les surfaces pastorales. Ses longues racines puisent jusqu’à sept litres d’eau par jour, compromettant l’agriculture et l’élevage, activités vitales pour les communautés locales.

Les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences de cette invasion. Les épines de l’arbuste blessent le bétail, tandis que ses gousses, ingérées par les animaux, provoquent des troubles digestifs souvent mortels. Un pastoraliste âgé de 76 ans rapporte que le feuillage dense attire également des prédateurs, exposant les troupeaux à des attaques plus fréquentes. Les pertes économiques, selon les experts, se chiffreraient en centaines de millions de dollars sur les trois dernières décennies.

Face à cette situation, des initiatives ont été lancées pour limiter l’expansion du prosopis. Une organisation non gouvernementale internationale a mis en place des programmes de transformation de la plante en nourriture animale, en briquettes de charbon ou en matériaux de construction. Des opérations d’arrachage sont également menées, avec pour objectif de replanter des espèces fruitières à la place des buissons envahissants.

Malgré ces efforts, la tâche reste immense. La superficie colonisée par le prosopis a quadruplé en vingt ans, et sa progression pourrait se poursuivre sans intervention à grande échelle. Les chameaux, en dispersant les graines via leurs déjections, contribuent involontairement à sa propagation. Les acteurs locaux soulignent l’urgence d’une mobilisation plus importante, tant technique que financière, pour contenir un phénomène désormais hors de contrôle.

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