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Le procureur général espagnol dans l’attente du verdict après un procès historique

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Pour la première fois dans l’histoire judiciaire contemporaine de l’Espagne, le plus haut représentant du ministère public a comparu pour violation du secret de l’instruction. L’issue de cette affaire sans précédent conditionne désormais l’avenir institutionnel du parquet.

La cour madrilène a clos jeudi les débats dans le procès exceptionnel visant le procureur général Álvaro García Ortiz, après six audiences qui ont marqué la vie judiciaire nationale. La décision a été mise en délibéré, laissant planer l’incertitude sur le sort du magistrat qui encourt une peine pouvant atteindre six années d’emprisonnement. L’accusation repose sur la divulgation présumée d’un courriel confidentiel lié à une enquête fiscale concernant le conjoint d’une personnalité politique de l’opposition.

Nommé à ces fonctions éminentes en 2022 sur recommandation du gouvernement, le procureur général a constamment affirmé son innocence devant les juges. Il a quitté le tribunal sans s’exprimer devant la presse, tandis que son avocat dénonçait un « procès parallèle » nourri par un contexte médiatique qu’il jugeait défavorable au respect des droits de la défense. La représentation du ministère public a pour sa part estimé qu’aucune faute professionnelle n’était caractérisée et a requis l’acquittement.

La partie civile, représentée par l’entrepreneur Alberto González Amador, époux de la présidente de la région de Madrid Isabel Díaz Ayuso, a présenté une version radicalement différente des faits. Son conseil juridique a évoqué une manœuvre politique destinée à compromettre la réputation de son client, réclamant une condamnation à quatre ans de prison et 300 000 euros d’indemnisation pour préjudice moral. L’avocat a fustigé une instrumentalisation de la justice à des fins partisanes.

Cette affaire intervient dans un climat politique tendu, le Premier ministre Pedro Sánchez ayant publiquement exprimé sa conviction dans l’innocence du procureur général, provoquant les critiques de l’opposition concernant le respect de l’indépendance judiciaire. L’enquête initiale remonte à 2024, lorsqu’une information sur d’éventuelles négociations entre le parquet et la défense fut médiatisée, suivie d’un démenti officiel quelques heures plus tard.

Les journalistes entendus durant le procès ont confirmé que le procureur général n’était pas leur source directe, sans toutefois révéler l’origine de leurs informations. Les investigations de la Garde civile ont mis en avant des analyses téléphoniques incomplètes, le magistrat ayant effacé l’historique de son appareil durant l’enquête. Ce geste a été interprété par la partie civile comme un indice de culpabilité, quand l’intéressé y voyait une pratique dépourvue de toute intention répréhensible.

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