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Le procès en appel des proches de l’assassin de Samuel Paty s’ouvre à Paris

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_**Deux amis d’enfance du meurtrier, condamnés en première instance pour complicité, plaident leur ignorance de ses intentions criminelles. Leur degré de conscience est au cœur des débats.**_

Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov comparaissent de nouveau devant la cour d’assises spéciale de Paris. Les deux hommes, âgés respectivement de 24 et 25 ans, avaient été condamnés en première instance à seize années de réclusion criminelle pour leur rôle dans l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty. Leur procès en appel, qui s’ouvre ce lundi, doit déterminer s’ils ont sciemment apporté leur aide au meurtrier ou s’ils ont été abusés par lui, comme ils le soutiennent.

Les magistrats de première instance avaient estimé que les deux accusés ne pouvaient ignorer la radicalisation et les projets terroristes d’Abdoullakh Anzorov, l’auteur des faits. Le contexte des menaces jihadistes en France, alors que se tenait le procès des attentats de janvier 2015, avait été relevé. La défense conteste fermement cette interprétation, affirmant que ses clients n’avaient aucune connaissance des intentions criminelles de leur ami d’enfance.

Les débats porteront notamment sur une série d’événements survenus dans les jours précédant l’attaque. La veille du crime, les deux hommes avaient accompagné Anzorov à Rouen, où un couteau avait été acheté. Si cette arme n’a pas servi lors de l’assassinat, elle a été retrouvée à proximité du corps de son propriétaire. Le jour même, Naïm Boudaoud a conduit le futur meurtrier, l’a assisté pour l’achat de répliques d’armes et l’a déposé aux abords du collège de Conflans-Sainte-Honorine. La question de savoir ce que le chauffeur savait de la destination et des motivations d’Anzorov est centrale.

L’enquête a établi qu’au cours du trajet vers Rouen, des vidéos en lien avec l’affaire des caricatures, dont celle montrant un parent d’élève s’en prendre au professeur, avaient été consultées sur le téléphone d’Anzorov. Pour les enquêteurs, il est peu vraisemblable que le sujet, obsessionnel pour le jeune homme, n’ait pas été abordé durant ces heures passées ensemble. Ils soulignent également que la radicalisation croissante d’Anzorov, visible sur les réseaux sociaux et dans ses propos, était perceptible pour son entourage, a fortiori pour ses amis les plus proches.

La défense de Naïm Boudaoud met en avant l’absence d’éléments tangents prouvant que son client avait connaissance d’un projet d’attentat. Un enquêteur a reconnu que les investigations n’avaient pas mis en évidence de radicalisation chez les deux accusés. La compagne de Naïm Boudaoud, qui n’est pas musulmane, a témoigné que la religion n’était pas un sujet dans leur relation et a décrit son état de sidération lorsqu’il a appris l’identité du coupable. De son côté, Azim Epsirkhanov aurait exprimé son incrédulité dans une conversation le soir des faits, avant de laisser éclater sa colère contre celui qui avait, selon ses dires, ruiné sa vie.

Les deux amis d’Anzorov, qui se sont constitués prisonniers dès le soir du 16 octobre 2020, sont jugés aux côtés de deux autres condamnés en première instance. Un parent d’élève et un militant islamiste, reconnus comme les artisans de la campagne de diffamation ayant précédé le meurtre, voient également leur peine reexaminée. Le verdict de la cour d’appel est attendu à l’issue de ces deux jours d’audience.

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