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Le philosophe Comte-Sponville défend la liberté de mourir devant la justice

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Devant le tribunal correctionnel de Paris, l’intellectuel a développé une argumentation philosophique en faveur de l’aide à mourir, lors du procès de douze militants d’Ultime Liberté.

Le philosophe André Comte-Sponville est intervenu comme témoin de la défense dans le cadre du procès de douze membres de l’association Ultime Liberté. Ces retraités, âgés de 74 à 89 ans, comparaissent pour avoir facilité l’acquisition de pentobarbital, une substance permettant une mort rapide et indolore, entre 2018 et 2020. Les poursuites les visent exclusivement pour des infractions liées au trafic de produits interdits, et non pour assistance au suicide.

L’intellectuel a présenté une réflexion approfondie sur la fin de vie, soulignant que la possibilité du suicide assisté constituait selon lui une dimension essentielle de la liberté humaine. Il a rappelé que cette conception trouve ses racines dans la tradition philosophique antique, où la majorité des penseurs admettaient le principe d’une mort volontaire. Se référant à Montaigne et à sa métaphore de la « clé des champs », Comte-Sponville a estimé que la maîtrise de sa propre mort conférait sa pleine signification à l’existence.

L’auteur a déploré les disparités engendrées par la législation française actuelle, évoquant une forme de discrimination entre ceux qui disposent des ressources nécessaires pour se rendre en Suisse et ceux contraints de subir une fin de vie prolongée dans la souffrance. Il a salué l’avancée que représenterait le texte en cours d’examen au Parlement, tout en regrettant ses limitations, notamment l’exclusion des personnes atteintes de maladies neurodégénératives.

Le philosophe a conclu son intervention en soulignant le paradoxe d’une société ayant légalisé l’interruption volontaire de grossesse tout en maintenant des obstacles à l’accompagnement de la fin de vie. Les débats doivent s’achever vendredi, après la présentation des réquisitions du ministère public prévue jeudi.

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