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Le Parlement brésilien délibère sur une loi controversée visant à réduire la peine de l’ancien président

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Une proposition législative visant à réduire drastiquement la peine de Jair Bolsonaro a provoqué des débats houleux et des incidents au sein de la Chambre des députés, relançant les tensions politiques dans le pays.

Les députés brésiliens ont examiné, lors d’une séance nocturne mouvementée, un projet de loi qui pourrait modifier substantiellement la condamnation de l’ancien chef de l’État. Celui-ci purge actuellement une peine de vingt-sept années d’emprisonnement pour des faits liés à une tentative de remise en cause des institutions. Selon le rapporteur du texte, son adoption aboutirait à une réduction de la détention à un peu plus de deux ans.

Le dispositif législatif, présenté par ses promoteurs comme un instrument de « pacification nationale », prévoit également la libération conditionnelle de plus de cent quarante partisans de l’ancien président, condamnés pour leur participation aux événements survenus à Brasília au début de l’année 2023. Ces événements avaient suivi de peu l’investiture du président actuel.

Les discussions ont été suspendues pendant une période prolongée suite à des perturbations dans l’hémicycle. Un élu de la majorité présidentielle a été escorté hors de la salle après avoir occupé le siège du président de l’assemblée et dénoncé ce qu’il a qualifié de manœuvre contraire à l’État de droit. La diffusion en direct des débats a été interrompue et les représentants de la presse ont été invités à quitter les lieux, donnant lieu à des mouvements de foule. L’organisation professionnelle des journalistes a exprimé sa ferme désapprobation face à ces incidents.

Ce projet, qui avait été bloqué pendant plusieurs mois, a finalement été inscrit à l’ordre du jour, une initiative saluée par les formations politiques de l’opposition. Celles-ci plaident depuis longtemps en faveur d’une mesure de clémence envers l’ancien président, sans avoir pu jusqu’alors rassembler une majorité suffisante, notamment en raison de mobilisations citoyennes. Le chef de file de l’opposition a indiqué que cette réduction des peines constituait une première étape vers un objectif plus large, dans un contexte où une amnistie pure et simple semble politiquement inaccessible.

La majorité au pouvoir a, de son côté, vivement critiqué cette initiative, la jugeant inacceptable. Son leader parlementaire a souligné que le caractère ciblé du texte, conçu selon lui au bénéfice d’une personne spécifique, s’écartait des principes généraux qui doivent régir l’élaboration des lois. Si le texte venait à être adopté par les deux chambres du Parlement, la Cour suprême serait finalement compétente pour statuer sur la durée exacte des peines.

L’ancien président, âgé de soixante-dix ans, est détenu dans les locaux de la police fédérale. Ses conseils juridiques ont récemment sollicité son hospitalisation, invoquant une dégradation de son état de santé qui nécessiterait, selon eux, une intervention chirurgicale. Il souffre de complications persistantes suite à une agression survenue en 2018.

Reconnu coupable par la plus haute juridiction du pays pour avoir conspiré en vue de se maintenir au pouvoir au mépris des résultats électoraux, l’ancien mandataire continue de proclamer son innocence et d’évoquer une persécution politique. Sa défense a déposé un nouveau recours en annulation de son procès après le rejet d’un premier pourvoi. Par ailleurs, son fils aîné a annoncé qu’il serait le candidat de la famille Bolsonaro à la prochaine élection présidentielle.

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