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Le magnat populiste Andrej Babis retrouve la tête du gouvernement tchèque

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Le fondateur du mouvement ANO a prêté serment ce mardi, formant une coalition avec des formations souverainistes. Son retour pourrait réorienter la politique étrangère du pays, notamment vis-à-vis de l’Ukraine et de l’Union européenne.

Andrej Babis a officiellement repris les fonctions de Premier ministre de la République tchèque, une nomination validée par le président Petr Pavel. Cet homme d’affaires de 71 ans, qui avait déjà dirigé l’exécutif entre 2017 et 2021, retrouve ainsi le pouvoir à la suite des élections législatives de l’automne dernier, remportées par son parti. Lors d’une brève allocution, il s’est engagé à défendre les intérêts des citoyens tchèques, tant sur le plan national qu’international.

Pour gouverner, son mouvement, qui ne dispose pas de la majorité absolue au Parlement, a conclu un accord avec deux partis alliés, le SPD et La Voix des automobilistes. Ces formations, connues pour leurs positions eurosceptiques et souverainistes, pourraient influencer l’orientation future du cabinet. Durant la campagne, M. Babis avait axé son discours sur la priorité donnée aux préoccupations domestiques, promettant une hausse des prestations sociales et une révision de l’aide militaire à Kiev.

Cette nouvelle configuration politique laisse entrevoir un possible infléchissement de la ligne praguoise au sein de l’Union européenne, avec un rapprochement attendu vers les gouvernements de Hongrie et de Slovaquie. Ces derniers adoptent une posture réservée concernant le soutien à l’Ukraine et les sanctions contre la Russie. Le chef du gouvernement a toutefois réaffirmé son attachement au projet européen et a écarté l’idée, soutenue par certains de ses partenaires, d’organiser un référendum sur une sortie de l’UE.

La nomination de M. Babis intervient après qu’il a accepté de mettre à distance ses activités industrielles et commerciales, répondant ainsi à une condition posée par le président Pavel pour éviter tout conflit d’intérêts. Le magnat, dont la fortune provient principalement du conglomérat Agrofert, a annoncé le transfert de ses actifs vers une structure indépendante en attendant leur transmission à ses héritiers. Cette décision, bien qu’accueillie favorablement par le chef de l’État, soulève des questions quant à sa mise en œuvre concrète, dans un contexte où l’homme politique fait l’objet de poursuites judiciaires pour des soupçons de fraude aux subventions européennes.

La composition du futur gouvernement doit encore recevoir l’aval présidentiel. Le choix de certains ministres proposés par les partis alliés, notamment pour le portefeuille de l’Environnement, suscite des réserves en raison d’affaires judiciaires ou de prises de position controversées les concernant.

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