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Le M23 s’empare d’Uvira, une ville clé aux portes du Burundi

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_**La progression du groupe armé, soutenu par Kigali, remet en cause l’accord de paix parrainé par Washington à peine signé et provoque un exode massif de civils et de militaires.**_

Les combattants du M23 ont fait une avancée significative en pénétrant dans les faubourgs nord d’Uvira. Cette ville stratégique de l’est de la République démocratique du Congo, située sur les rives du lac Tanganyika et à proximité immédiate de la frontière burundaise, constitue un objectif majeur. Cette progression intervient à un moment particulièrement sensible, quelques jours seulement après la ratification par Kinshasa et Kigali d’un accord de paix parrainé par les États-Unis.

Le front, qui semblait s’être stabilisé depuis le printemps après la prise des grandes agglomérations de Goma et Bukavu par le M23, connaît ainsi une reprise des hostilités. L’offensive actuelle, lancée début décembre avec le soutien de plusieurs milliers de soldats rwandais selon des sources onusiennes, a rapidement mis en difficulté les forces gouvernementales congolaises et leurs alliés burundais présents dans la zone.

La situation sur le terrain est décrite comme chaotique. La population civile, ainsi que des éléments des forces de sécurité, ont fui en masse devant l’avancée des rebelles. Des bombardements ont été signalés au-dessus de la ville, provoquant la panique. Des milliers de réfugiés ont franchi la frontière pour se mettre à l’abri au Burundi, où les autorités locales font état de besoins humanitaires urgents. Des scènes de désorganisation ont été observées parmi les troupes congolaises en retraite, certaines ayant abandonné leur équipement.

La chute d’Uvira, si elle se confirmait, donnerait une nouvelle dimension régionale au conflit. La ville fait face à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, et son contrôle couperait toute liaison terrestre directe entre les deux pays. Cette perspective avait conduit les autorités burundaises et les Nations unies à mettre en garde, plus tôt dans l’année, contre les risques d’une escalade régionale dans la zone des Grands Lacs.

Cette avancée militaire du M23 jette une ombre sur l’accord signé à Washington, qui prévoyait notamment un cadre pour un cessez-le-feu et des garanties d’approvisionnement en minerais stratégiques. Les événements récents illustrent les profondes difficultés à traduire les engagements diplomatiques en une paix durable sur le terrain, dans une région minée par des conflits depuis trois décennies.

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