Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

Le lac d’Annecy, un joyau alpin contaminé par les résidus de pneus

Article

le

Une enquête scientifique inédite révèle une présence généralisée de microplastiques toxiques issus de l’usure des pneumatiques, dans l’eau, l’air et même l’organisme des riverains.

Des investigations menées au printemps dernier ont mis en lumière une pollution diffuse mais préoccupante dans les eaux du lac d’Annecy. Les analyses, effectuées sur des prélèvements d’eau, de sédiments, d’air et d’urine, attestent d’une contamination omniprésente par des particules issues de l’abrasion des pneus de véhicules. Ces microplastiques, ainsi que des additifs chimiques associés, ont été détectés dans l’ensemble du milieu lacustre, dans l’atmosphère environnante et, de manière significative, chez un tiers des volontaires ayant participé à l’étude.

Les concentrations de certaines substances, comme le 6PPD et son dérivé, s’avèrent comparables à celles mesurées dans des cours d’eau de régions fortement industrialisées. Ces composés sont reconnus pour leur toxicité, tant pour la faune aquatique que pour la santé humaine. L’approvisionnement en eau potable de l’agglomération, majoritairement puisé dans le lac, se trouve ainsi concerné, avec des traces identifiées dans un réseau local.

Cette situation s’explique en grande partie par la configuration des lieux. Le plan d’eau, réputé pour sa pureté, est ceinturé par un important réseau routier emprunté quotidiennement par des milliers de véhicules. En l’absence de systèmes de filtration adaptés sur les bassins de rétention des eaux pluviales, les résidus accumulés sur la chaussée sont directement entraînés vers le lac lors des épisodes de pluie. L’abrasion des pneumatiques génère un cocktail complexe de près de deux mille molécules, parmi lesquelles plusieurs centaines sont classées comme présentant un danger sévère.

Face à ces révélations, les autorités locales ont demandé la mise en œuvre d’études complémentaires pour évaluer plus précisément l’exposition de la population. La création d’un comité de suivi, sur le modèle de ceux existant pour d’autres polluants persistants, est également réclamée. Ces travaux soulignent un enjeu environnemental et sanitaire qui dépasse le cadre du lac d’Annecy, la poussière de pneus étant identifiée comme une source majeure de pollution microplastique à l’échelle mondiale.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus