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Le lac d’Annecy, un joyau alpin contaminé par les résidus de pneus

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Une enquête scientifique révèle une pollution insidieuse et généralisée aux microplastiques et additifs chimiques, affectant l’eau, l’air et les organismes humains.

Des investigations menées au printemps dernier dans le lac d’Annecy ont mis en lumière une contamination préoccupante par les résidus d’usure des pneumatiques. Les analyses, commanditées par une équipe journalistique, ont porté sur divers milieux, depuis les eaux et sédiments du plan d’eau jusqu’à l’air ambiant et l’eau potable de certains riverains. Les résultats, présentés ce lundi, indiquent une présence diffuse de ces microparticules et des composés chimiques qui leur sont associés.

Les prélèvements ont permis de détecter ces polluants dans l’ensemble du lac, ainsi que dans l’atmosphère environnante, à des niveaux comparables à ceux observés en milieu urbain dense. Plus inquiétant, les analyses biologiques ont révélé la présence de certains de ces additifs dans l’organisme d’une partie des volontaires testés. Une trace de cette contamination a également été identifiée dans un échantillon d’eau de consommation.

Parmi les substances identifiées figurent des composés reconnus pour leur toxicité, tant pour la faune aquatique que pour la santé humaine. Les concentrations mesurées sur la rive occidentale du lac atteignent des ordres de grandeur similaires à ceux relevés dans des cours d’eau de régions fortement industrialisées. Les experts à l’origine de l’étude qualifient ces premiers résultats d’exploratoires, tout en soulignant le caractère potentiellement systémique de cette pollution, évoquant une problématique aussi étendue que celle liée aux polluants dits éternels.

Le phénomène trouve son origine dans le trafic routier intense qui ceinture le plan d’eau, estimé à plusieurs dizaines de milliers de véhicules quotidiens. L’abrasion des pneumatiques sur la chaussée génère un mélange complexe de particules et de molécules. Selon les données citées, près de huit cents de ces substances sont considérées comme présentant un risque significatif. En l’absence de systèmes de filtration des eaux de ruissellement, ces résidus sont directement entraînés vers le lac lors des épisodes pluvieux.

Face à ces révélations, les autorités locales ont pris acte des conclusions et réclamé la conduite d’études complémentaires, notamment pour évaluer l’exposition des populations riveraines. Une demande a été formulée pour la mise en place d’une instance de suivi dédiée à cette pollution émergente. Cette situation interroge la préservation à long terme de cette ressource en eau, dont dépend majoritairement l’alimentation en eau potable de l’agglomération, et remet en perspective la vulnérabilité des écosystèmes lacustres face aux pressions anthropiques diffuses.

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