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Le Kenya déplace ses girafes pour préserver sa biodiversité

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Face à la dégradation accélérée de leurs habitats naturels, les autorités kényanes procèdent à des transferts d’animaux sauvages vers des zones protégées, une opération complexe devenue nécessaire pour assurer leur survie.

Une girafe Masaï aux yeux bandés est guidée par une vingtaine de gardes vers une remorque spécialement aménagée. Cette scène se répète désormais régulièrement dans la vallée du Rift, où le Service kényan de la Protection de la faune organise le déplacement d’animaux sauvages dont l’habitat traditionnel se réduit inexorablement. Ces opérations représentent une solution de dernier recours face à l’expansion des activités humaines et aux effets du changement climatique.

Des centaines de girafes, zèbres et antilopes ont récemment été transférés du Ranch Kedong, ancienne zone protégée récemment lotie pour des projets immobiliers. Ce territoire constituait pourtant un corridor essentiel entre les parcs nationaux de Hell’s Gate et du Mont Longonot. L’installation de clôtures et les travaux en cours ont rendu ce milieu hostile pour la faune, provoquant isolement et stress chez les animaux.

Le transfert des girafes nécessite des moyens considérables et une expertise particulière. Des équipes mobilisant des dizaines de personnes, plusieurs véhicules et un hélicoptère procèdent au repérage des animaux avant de les anesthésier par fléchettes. Le vétérinaire en charge des opérations souligne la fragilité de ces mammifères, dont l’anesthésie doit être brève en raison de leur physiologie particulière. Une fois immobilisées et les yeux bandés, les girafes sont transportées vers de nouvelles réserves où elles pourront reconstituer leurs populations.

Ces relocalisations, bien que techniques et coûteuses, interviennent de plus en plus fréquemment face à l’accélération de la privatisation des terres et à la spéculation foncière. La pression démographique et le développement économique transforment rapidement les paysages, obligeant les autorités à trouver un équilibre entre conservation de la biodiversité et impératifs de développement. Les spécialistes de la protection animale insistent sur l’interdépendance entre le bien-être des communautés humaines et la préservation de la faune sauvage, un défi que partagent de nombreux pays africains confrontés à une croissance démographique soutenue.

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