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Le double visage énergétique de la Chine

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Le géant asiatique mène de front un développement spectaculaire des énergies vertes tout en maintenant sa dépendance au charbon, une équation complexe qui pèse sur l’avenir climatique mondial.

La Chine poursuit simultanément deux trajectoires énergétiques apparemment contradictoires. D’un côté, le pays déploie à un rythme inégalé des infrastructures d’énergies renouvelables, avec des parcs solaires et éoliens qui transformisent ses paysages désertiques. De l’autre, il continue d’étendre ses capacités de production électrique à partir de charbon, représentant l’écrasante majorité des nouvelles centrales thermiques construites dans le monde.

Cette dualité s’explique par une stratégie de transition graduelle, qualifiée de « construire avant de démanteler ». Les autorités maintiennent le système énergétique existant pendant que les nouvelles installations renouvelables deviennent pleinement opérationnelles. Cette approche prudente trouve son origine dans les pénuries d’électricité survenues récemment, qui ont convaincu les décideurs de garantir la sécurité d’approvisionnement.

La croissance rapide de la demande électrique constitue un autre facteur déterminant. Bien que le rythme d’installation des énergies vertes soit impressionnant, il peine souvent à suivre l’expansion des besoins énergétiques nationaux. Les contraintes logistiques compliquent davantage la situation, les meilleurs sites pour les énergies renouvelables étant fréquemment éloignés des grands centres urbains, ce qui rend le transport de l’électricité coûteux et complexe.

Le paysage énergétique chinois évolue également sur le plan réglementaire. La fin programmée des tarifs d’achat garantis pour les renouvelables introduit une nouvelle incertitude, même si le gouvernement conserve des instruments pour orienter le marché. Parallèlement, le secteur des technologies vertes représente désormais un pilier économique significatif, contribuant de manière substantielle à la croissance nationale.

Les centrales au charbon existantes fonctionnent actuellement bien en deçà de leur capacité théorique, laissant entrevoir une marge de manœuvre pour absorber l’augmentation de la demande sans nécessairement accroître les émissions. Cette situation reflète la complexité de la transition énergétique chinoise, où impératifs économiques, sécurité d’approvisionnement et objectifs environnementaux doivent trouver un équilibre délicat.

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