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Le dirigeant d’Instagram conteste la notion d’addiction aux plateformes

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Devant un tribunal californien, Adam Mosseri a défendu la philosophie de sa société, préférant évoquer un « usage problématique » plutôt qu’une dépendance clinique, lors d’une audience cruciale pour le secteur.

Le procès civil qui oppose des milliers de familles aux géants des réseaux sociaux a connu un moment clé avec la déposition d’Adam Mosseri. Le responsable d’Instagram a été interrogé sur la conception des produits et leur influence sur les jeunes utilisateurs. Il a longuement insisté sur une distinction sémantique, rejetant le terme d’addiction au profit d’une expression jugée moins médicale.

L’audience vise à déterminer si les dirigeants de Meta et Google, propriétaire de YouTube, ont délibérément conçu des fonctionnalités incitant à une consommation excessive. Le dossier s’appuie notamment sur le parcours d’une jeune Californienne, exposée de manière intensive à ces plateformes durant son adolescence. Cette affaire est perçue comme un précédent pour des dizaines de procédures similaires en cours aux États-Unis.

Interpellé par l’avocat des plaignants sur son emploi passé du mot « accro », le dirigeant a reconnu un usage parfois trop familier du vocabulaire. Il a toutefois réaffirmé qu’il ne prétendait pas à une expertise clinique. Dans le public, des proches de jeunes victimes assistaient à l’échange, représentant les nombreuses familles engagées dans cette action collective.

La défense de la stratégie de Meta a constitué un autre volet important de l’interrogatoire. Adam Mosseri a soutenu que la protection des mineurs était compatible avec les intérêts économiques de l’entreprise, affirmant que le bien-être des utilisateurs pouvait avoir un impact positif sur l’activité. Il a également justifié des décisions internes controversées, comme le maintien de certains filtres, en invoquant un équilibre entre protection des utilisateurs et liberté d’expression.

L’enjeu central du procès ne réside pas dans la modération des contenus, mais dans l’accusation portant sur les algorithmes de recommandation. Ces systèmes de personnalisation, conçus pour retenir l’attention, sont au cœur des reproches faits aux deux plateformes. Le patron de YouTube est attendu à la barre la semaine prochaine.

Cette audience s’inscrit dans un contexte juridique plus large, avec plusieurs procédures du même type prévues cette année en Californie. Parallèlement, une action distincte se déroule au Nouveau-Mexique, où Meta est accusé d’avoir négligé la sécurité des mineurs en ligne. Le procès de Los Angeles doit se poursuivre jusqu’à la mi-mars.

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