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Le dernier otage de Gaza, un policier tombé le 7 octobre

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Le corps de Ran Gvili, un jeune sous-officier engagé dans la défense du kibboutz Aloumim, demeure retenu dans l’enclave palestinienne. Son histoire incarne le destin de ceux qui ont répondu à l’assaut, au péril de leur vie.

Agé de vingt-quatre ans, Ran Gvili était en convalescence ce matin-là, dans l’attente d’une intervention chirurgicale. Lorsque les premières alertes ont retenti, ce membre d’une unité d’élite de la police a immédiatement quitté son domicile de Meitar, dans le sud d’Israël, pour rejoindre ses camarades. Armé de son propre fusil, il s’est porté au-devant des combattants infiltrés.

Les événements se sont précipités aux abords du kibboutz Aloumim, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec Gaza. Dans des affrontements très déséquilibrés, une quarantaine d’assaillants ont fait face à un petit groupe de défenseurs. Ran Gvili y a été grièvement blessé. Un officier présent à ses côtés ce jour-là a rapporté leur séparation, après que tous deux eurent été touchés. Ce témoin serait le dernier à l’avoir vu vivant.

Ce n’est que plusieurs mois plus tard, en janvier 2024, que les autorités israéliennes ont officiellement informé sa famille. Le jeune homme avait succombé à ses blessures durant l’assaut, avant que sa dépouille ne soit emmenée dans la bande de Gaza. Il figure ainsi comme le seul otage dont le corps n’a pas encore été restitué.

Ses proches dépeignent un homme au physique imposant, mais au caractère affable et dévoué. Passionné de moto et habile de ses mains, il profitait de son arrêt maladie pour rénover la maison familiale. Son père se souvient l’avoir vu, quelques jours avant l’attaque, travailler aux côtés d’un ouvrier venu de Gaza. Une image qui contraste avec la violence du 7 octobre.

Lors des rassemblements organisés pour réclamer le retour des dépouilles, sa mère répète une phrase qui résume son engagement. « Il est parti le premier et revient le dernier. » Pour ses amis, sa présence se faisait sentir dans une pièce, non par sa stature, mais par une attention constante aux autres. Une solidarité qui l’a poussé, ce jour-là, à continuer à porter secours malgré ses blessures, selon le récit de son père.

L’offensive du 7 octobre a conduit à la capture de 251 personnes, dont 44 étaient déjà décédées. Parmi les otages pris vivants, 41 ont péri durant leur détention. À ce jour, toutes les personnes capturées ont été libérées ou leurs restes ont été rendus, à l’exception de ceux de Ran Gvili. Son cas reste une question ouverte dans un conflit où chaque destin individuel pèse sur le processus de règlement.

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