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Le début du ramadan en France marqué par une divergence de dates

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_**La communauté musulmane de France, forte de plusieurs millions de fidèles, aborde le mois sacré sur la base de deux calendriers distincts, révélant des divergences persistantes au sein de ses institutions représentatives.**_

La célébration du ramadan, pilier central de la pratique islamique, ne débutera pas simultanément pour l’ensemble des fidèles en France. Deux dates ont en effet été officiellement retenues par les principales instances religieuses du pays. D’un côté, la Grande Mosquée de Paris a fixé le commencement du mois de jeûne au mercredi. De l’autre, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) a, pour sa part, annoncé le jeudi comme premier jour.

Cette divergence procède de méthodologies distinctes pour déterminer l’apparition du nouveau croissant lunaire, qui signale traditionnellement le début du mois sacré. La Grande Mosquée de Paris s’appuie sur les conclusions d’une commission théologique réunie lors de la « Nuit du Doute », qui croise données astronomiques et observations visuelles. Le CFCM affirme quant à lui suivre une approche strictement scientifique. Une telle situation n’est pas inédite à l’échelle mondiale, où le ramadan commence à des jours différents selon les pays et les interprétations.

La dualité des annonces a suscité une certaine perplexité parmi les pratiquants, nombreux à exprimer leur désarroi sur les réseaux sociaux quant à la date à suivre. Elle a également conduit les lieux de culte à prendre position localement. Certaines mosquées, comme celles de Metz ou de Strasbourg, ont indiqué qu’elles se conformeraient au calendrier du CFCM. D’autres, à l’image de la mosquée de Lyon, ont choisi la date du mercredi, son recteur invoquant la nécessité d’éviter toute division supplémentaire au sein de la communauté.

Cet épisode met en lumière les fractures qui traversent l’organisation de l’islam en France, la deuxième religion du pays. Il réactive notamment les tensions autour de la représentation et du leadership. Le CFCM, créé il y a une vingtaine d’années pour servir d’interlocuteur unique aux pouvoirs publics, a connu de profondes divisions et a été remplacé dans ce rôle par le Forum de l’Islam de France (Forif). Ce dernier, critiqué pour sa représentativité, peine à unifier un paysage religieux resté très fragmenté, où coexistent des fédérations historiquement liées à différents pays d’origine.

Ainsi, au-delà d’une simple question de calendrier, la dualité des dates pour le ramadan reflète les défis structurels auxquels est confronté l’islam de France dans sa quête d’une voix commune et d’une organisation unifiée.

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