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Le Congrès brésilien ouvre la voie à une réduction massive de la peine de Jair Bolsonaro

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_**Les députés ont adopté un texte controversé qui pourrait libérer l’ancien chef de l’État bien avant le terme de sa condamnation initiale, au nom d’une « pacification » nationale.**_

La Chambre des députés brésilienne a approuvé, après des débats particulièrement agités, une proposition de loi visant à réviser à la baisse les peines pour toute une série d’infractions. Ce dispositif législatif concerne directement l’ancien président Jair Bolsonaro, actuellement incarcéré, et pourrait transformer radicalement son horizon judiciaire. Selon les estimations du rapporteur du texte, sa condamnation à vingt-sept années de réclusion pour tentative de coup d’État pourrait être ramenée à un peu plus de deux ans d’emprisonnement.

Le vote, acquis par 291 voix contre 148, a été présenté par ses promoteurs comme un geste d’apaisement destiné à tourner la page des tensions politiques récentes. Le texte prévoit également la libération conditionnelle de plus d’une centaine de personnes condamnées pour leur participation aux assauts contre les institutions gouvernementales survenus en janvier 2023. L’adoption définitive de cette mesure reste toutefois suspendue à un vote du Sénat, et la durée exacte des peines relève in fine de l’appréciation de la Cour suprême fédérale.

La séance parlementaire a été marquée par de vifs incidents, obligeant à une suspension prolongée des travaux. Un élu de la majorité présidentielle a été expulsé de l’hémicycle après avoir occupé le fauteuil du président de séance et dénoncé une « offensive putschiste ». Les tensions se sont propagées aux abords de la salle, où des journalistes ont été contraints de quitter les lieux, provoquant quelques échauffourées. Ces événements ont suscité une condamnation ferme de la part des organisations professionnelles de la presse.

L’initiative législative, bloquée durant plusieurs mois, a été portée avec vigueur par l’opposition de droite, qui y voit une étape vers une éventuelle amnistie. Les représentants de la coalition au pouvoir ont vivement dénoncé un texte taillé sur mesure pour bénéficier à l’ancien président et à ses partisans, qualifiant cette manœuvre d’inacceptable et de nouvelle atteinte aux principes démocratiques.

Jair Bolsonaro purge sa peine dans les locaux de la police fédérale à Brasilia. Récemment, ses conseils juridiques ont sollicité une hospitalisation en urgence, invoquant une dégradation de son état de santé nécessitant une intervention chirurgicale. L’ancien chef de l’État, reconnu coupable d’avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir après sa défaite électorale, maintient sa ligne de défense en se déclarant victime d’une persécution politique. Parallèlement, son camp a annoncé qu’il serait représenté par son fils aîné, Flavio Bolsonaro, lors de la prochaine consultation présidentielle prévue pour 2026.

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