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L’Autriche légifère sur le voile à l’école pour les jeunes filles

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_**Le Parlement autrichien s’apprête à adopter une mesure interdisant le port du voile islamique aux écolières de moins de quatorze ans. Ce texte, présenté comme protecteur, suscite de vives critiques quant à son impact social et juridique.**_

Les députés autrichiens doivent se prononcer ce jeudi sur une proposition de loi visant à proscrire le port du voile dans les établissements scolaires pour les filles n’ayant pas atteint l’âge de quatorze ans. Le gouvernement de coalition, dirigé par le chancelier conservateur, défend ce projet au nom de la protection de l’enfance, affirmant avoir corrigé les failles constitutionnelles d’une précédente tentative avortée en 2020. La ministre de l’Intégration a déclaré que contraindre une enfant à dissimuler son corps relevait davantage d’une forme de contrainte que d’une pratique religieuse.

Le dispositif, qui concerne toutes les formes de couvre-chef islamique, devrait être pleinement applicable à la rentrée de septembre. Une période pédagogique, sans sanction, est prévue à partir de février pour expliquer la nouvelle réglementation aux familles et au personnel éducatif. Par la suite, les parents récalcitrants s’exposeraient à des amendes pouvant atteindre huit cents euros. Selon les estimations officielles, environ douze mille jeunes filles seraient concernées par cette interdiction.

Cette initiative législative est fermement contestée par plusieurs organisations. Amnesty International Autriche y voit une discrimination manifeste envers les filles musulmanes, susceptible d’attiser les préjugés. La communauté musulmane officielle du pays craint une stigmatisation des enfants et une érosion de la cohésion sociale. Des associations de terrain redoutent quant à elles que cette loi n’isole davantage les jeunes concernées et ne renforce paradoxalement le contrôle exercé sur leur apparence.

À l’inverse, le parti d’extrême droite, arrivé en tête aux dernières élections, juge le texte trop timoré et réclame son extension à l’ensemble des étudiantes et du personnel de l’éducation. Le gouvernement se dit confiant dans la conformité de sa nouvelle mouture avec la Constitution, mettant en avant la primauté des droits de l’enfant. Cependant, des voix juridiques s’élèvent pour douter de cette assurance, rappelant que le précédent rejet de 2020 était fondé sur le caractère discriminatoire d’une interdiction ciblant une seule religion. Les experts soulignent également le risque de placer les enfants dans une situation délicate au sein de leur propre foyer. Cette approche contraste avec le modèle français de laïcité, qui prohibe depuis 2004 le port de signes religieux ostensibles par les élèves, sans distinction spécifique d’âge.

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