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L’Arctique sous surveillance scientifique

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Dans l’immensité glacée du Svalbard, des chercheurs norvégiens traquent les ours polaires pour percer les secrets de leur adaptation à un environnement en mutation.

À bord du brise-glace scientifique Kronprins Haakon, une équipe de spécialistes mène une opération délicate. Sous un froid mordant, un vétérinaire approche prudemment une ourse polaire endormie par sédation. En quelques minutes, il procède à l’installation d’un collier GPS, prélève des échantillons biologiques et implante un capteur cardiaque. Chaque geste est calculé pour minimiser le stress sur l’animal et garantir la fiabilité des données collectées.

Cette mission s’inscrit dans un programme de recherche initié il y a quatre décennies par l’Institut polaire norvégien. Les scientifiques étudient l’impact du réchauffement climatique, particulièrement marqué dans cette région, sur le plus grand prédateur terrestre. Les nouvelles technologies permettent désormais de suivre en temps réel la fréquence cardiaque et les déplacements des femelles équipées. Ces indicateurs révèlent leurs dépenses énergétiques, cruciales pour comprendre leur capacité d’adaptation face à la réduction de leur territoire de chasse.

Les analyses biologiques ouvrent d’autres perspectives. Les biopsies de graisse, conservées à température corporelle avant d’être cryogénisées, serviront à évaluer l’effet des polluants persistants sur leur métabolisme. Les prélèvements sanguins confirment par ailleurs une évolution notable de leur régime alimentaire. Si le phoque demeure leur principale source d’énergie, les chercheurs observent une diversification vers des proies terrestres comme le renne ou les œufs d’oiseaux, moins nutritifs.

Cette plasticité comportementale explique en partie la stabilité actuelle de la population. Mais les spécialistes restent prudents. La fenêtre de chasse sur la banquise, vitale pour leur approvisionnement en lipides, se réduit inexorablement. Leur résilience pourrait trouver ses limites si cette tendance se poursuit. Les données recueillies lors de ces expéditions annuelles alimentent ainsi une vigilance scientifique essentielle pour anticiper l’avenir de l’espèce dans un écosystème en pleine transformation.

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