Monde
L’angoisse des sans-papiers chiliens à l’heure des urnes
À la veille de l’élection présidentielle, les migrants en situation irrégulière de Nuevo Amanecer redoutent les promesses d’expulsion portées par plusieurs candidats, dans un climat politique tendu par les questions sécuritaires et migratoires.
Dans le quartier précaire de Nuevo Amanecer, à la périphérie nord de Santiago du Chili, deux mille familles vivent dans un dédale de constructions sommaires. Des habitations de briques et de planches coiffées de tôles s’alignent le long de chemins terreux, à proximité d’une ancienne décharge. Cette communauté compte une forte proportion de migrants en situation irrégulière, originaires principalement du Venezuela, d’Haïti, du Pérou et de Colombie.
Suhey Garcia, une Vénézuélienne de trente ans, incarne le destin de nombreux résidents. Arrivée il y a cinq ans avec son époux et leurs trois enfants après avoir traversé à pied la frontière bolivienne, elle a bâti ici une existence nouvelle. « Ma vie est ici », affirme cette mère de famille dont le mari travaille comme maçon dans l’économie informelle. Comme elle, de nombreux habitants ont fui des situations difficiles dans leur pays d’origine, cherchant au Chili des perspectives meilleures.
La campagne électorale a placé la question migratoire au cœur des débats, certains candidats promettant des expulsions massives en cas de victoire. Le favori de l’extrême droite, José Antonio Kast, envisage le renvoi de trois cent trente mille sans-papiers recensés et la construction d’un mur frontalier. Ces propositions alimentent l’appréhension des résidents de Nuevo Amanecer, qui craignent de devoir tout abandonner.
Malgré des conditions de vie précaires – absence de système d’égouts, raccordements électriques clandestins –, la communauté s’est organisée. Les habitants bénéficient de l’eau courante et, même sans papiers, leurs enfants peuvent fréquenter l’école tandis que l’accès aux soins de santé reste garanti. Une forme de stabilité relative que pourraient remettre en cause les politiques migratoires annoncées.
Nancy Guevara, migrante colombienne installée depuis peu, dénonce l’amalgame entre immigration et insécurité. « Tout le monde mérite une chance », estime-t-elle, rejetant les généralisations abusives. Même les migrants régularisés partagent ces craintes. Wilmer Carvajal, Péruvien vivant légalement au Chili depuis treize ans, s’inquiète des mesures qu’un gouvernement durci pourrait adopter.
Dans l’attente du scrutin, l’incertitude plane sur l’avenir de ces populations qui, pour beaucoup, n’ont plus d’attaches dans leur pays d’origine. « Si on nous expulse, il ne nous restera qu’à aller dormir dans la rue », conclut amèrement un vendeur ambulant, résumant le sentiment d’abandon qui traverse la communauté.
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