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L’anesthésiste Frédéric Péchier maintient son innocence face aux accusations d’empoisonnement

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L’ancien praticien, jugé pour trente affaires médicales suspectes, reconnaît désormais l’existence d’un empoisonneur sans s’attribuer les faits.

Devant la cour d’assises du Doubs, Frédéric Péchier persiste à clamer son innocence tout en concédant qu’un tiers malveillant a pu intervenir dans plusieurs cas. L’ancien anesthésiste est poursuivi pour trente incidents graves survenus entre 2008 et 2017, dont douze ont entraîné le décès de patients. À mi-parcours de son procès, qui s’étendra jusqu’au 19 décembre, seize dossiers ont été examinés. L’accusé admet que neuf de ces affaires résultent d’actes délibérés, sans pour autant endosser la responsabilité des gestes incriminés.

Les débats, souvent techniques, peinent à établir avec certitude les causes de ces arrêts cardiaques ou réactions atypiques survenus en salle d’opération. L’enquête, ouverte près de dix ans après les premiers événements, se heurte à l’absence de preuves matérielles conservées, telles que les seringues ou poches de perfusion. Les expertises présentées à la barre divergent ainsi, certaines concluant à un empoisonnement, tandis que d’autres demeurent plus réservées.

L’accusé a modifié partiellement sa position au cours des audiences, reconnaissant par moments la piste criminelle avant de se rétracter. Son avocat affirme que ces variations n’altèrent en rien la démonstration de la défense. Celle-ci souligne que la reconnaissance d’actes malveillants ne signifie pas la culpabilité de son client. Me Schwerdorffer, défenseur de l’intéressé, estime même qu’un autre anesthésiste pourrait être impliqué.

Pour l’accusation et les parties civiles, ces revirements trahissent les incohérences du discours de l’ancien médecin. Selon elles, Frédéric Péchier, confronté à l’accumulation des éléments à charge, a progressivement admis la réalité des empoisonnements dans les dossiers où les preuves matérielles demeuraient incontestables. Les avocats des familles dénoncent une crédibilité ébranlée après des années de dénégations complètes.

La question des mobiles reste entière. Aucune des hypothèses avancées — qu’il s’agisse de la volonté de se mettre en valeur en sauvant les patients ou de nuire à des confrères — ne semble convaincre la défense. Pour Me Schwerdorffer, l’absence de motif plausible renforce le doute sur l’identité du véritable responsable. Le procès se poursuivra par l’examen des quatorze affaires restantes.

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