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L’ancienne entraîneuse des « Farfalle » italiennes face à la justice

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L’ex-responsable de la sélection nationale de gymnastique rythmique est jugée pour des faits de violences présumées sur de jeunes athlètes. Cette affaire relance le débat sur les méthodes d’encadrement dans le sport de haut niveau.

Emanuela Maccarani comparaît depuis mardi devant le tribunal de Monza, dans le nord de l’Italie. L’ancienne sélectionneuse de l’équipe nationale de gymnastique rythmique, âgée de 59 ans, est poursuivie pour des actes de maltraitance sur mineures. Cette procédure judiciaire intervient alors que le pays, récemment hôte des Jeux olympiques, est confronté à des interrogations récurrentes sur le traitement réservé aux jeunes sportives.

L’enquête a été ouverte à la suite de témoignages rendus publics il y a trois ans par d’anciennes gymnastes, dont la double championne du monde Anna Basta et Nina Corradini. Ces dernières ont expliqué avoir mis un terme à leur carrière durant leur adolescence en raison de pressions psychologiques qu’elles auraient subies. Elles se sont constituées parties civiles aux côtés de deux autres athlètes et de l’association Change The Game, qui milite contre toutes les formes de violences dans le milieu sportif.

L’intéressée a, pour sa part, rejeté en bloc ces accusations. Cinq autres gymnastes ayant évolué sous sa direction sont venues témoigner en sa faveur lors d’une audience préliminaire tenue en septembre dernier. La fondatrice de Change The Game, Daniela Simonetti, estime que ce procès dépasse le cadre strict d’une affaire individuelle. Il interroge, selon elle, des pratiques susceptibles de causer des dommages profonds et durables chez les jeunes athlètes.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de prise de conscience plus large concernant les dérives potentielles au sein de la gymnastique mondiale. Le scandale lié à l’ancien médecin de l’équipe américaine, Larry Nassar, condamné pour agressions sexuelles à la fin des années 2010, avait déjà provoqué un électrochoc. Les instances olympiques affirment depuis porter une attention accrue à la santé mentale des sportifs.

Sous la direction d’Emanuela Maccarani, les « Farfalle » italiennes ont pourtant connu une période faste, remportant de nombreux titres mondiaux et continentaux, ainsi que des médailles olympiques. La gymnaste Sofia Raffaeli, médaillée de bronze aux Jeux de Paris 2024, est l’une des héritières de cette école. Pendant près de trente ans à la tête du centre national d’entraînement de Desio, l’entraîneuse a imposé une discipline réputée stricte.

D’anciennes pensionnaires du centre ont décrit un environnement où les très jeunes filles, souvent éloignées de leurs familles, se pesaient de manière obsessionnelle et recouraient parfois à des laxatifs. L’une d’elles a rapporté s’être fait réprimander pour avoir consommé un fruit. Une première procédure disciplinaire interne s’était conclue, en septembre 2023, par un simple avertissement à l’encontre de l’entraîneuse, qui avait été réintégrée. La Fédération italienne de gymnastique, sous une nouvelle présidence, l’a finalement licenciée en mars 2025, évoquant la volonté d’engager un nouveau cycle en vue des Jeux de Los Angeles 2028.

Pour Nina Corradini, dont la plainte est à l’origine de l’enquête pénale, cette évolution représente un espoir. Elle s’est dite soulagée à l’idée que les futures recrues de l’équipe nationale puissent vivre une expérience fondamentalement différente. Le procès en cours à Monza est donc attendu au-delà du verdict, pour les éventuelles répercussions qu’il pourrait avoir sur les pratiques d’encadrement dans la gymnastique italienne et au-delà.

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